Jeunesses Communistes Révolutionnaires

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O๠en est le mouvement lycéen ?

mercredi 30 avril 2008, par Adrien

À l’heure où nous écrivons ces lignes, le mouvement lycéen a passé la première semaine de vacances de la zone C (Bordeaux et Île de France) avec succès. Après la rentrée de la zone A, la mobilisation a de bonnes chances de s’amplifier. Cela peut permettre une reprise énorme lorsque toutes les académies seront rentrées (5 mai).

Un mouvement en progression constante

Les syndicats, au lieu d’appeler à une date dès le mardi de la rentrée (6 mai, par ailleurs anniversaire de l’élection de Sarkozy) mettent toutes leurs forces sur le jeudi 15, soit dix jours plus tard ! Les lycéens doivent garder le rythme de deux manifs par semaine, tout en préparant particulièrement le 15 mai, journée de grève interprofessionnelle.
La mobilisation n’a cessé de croître depuis la rentrée des vacances de février. Même avant, des mobilisations locales avaient eu lieu, avec parfois des AG communes profs-élèves et des petites victoires locales (diminution voire annulation de suppressions de postes).
Le 18 mars, elle est surtout partie en région parisienne, dans la grande banlieue (77, 78, 91, 93, 94), des quartiers populaires où la tradition militante est moins importante. Ces poches de mobilisation se sont peu à peu étendues, là encore en banlieue, dans les lycées pro, puis vers les centres-villes.

Dans tous les quartiers...

En région parisienne, on a vu un petit essoufflement dans la dernière semaine là où la mobilisation durait depuis longtemps. Mais le relais avait été pris ailleurs, d’où des chiffres de manifs en hausse ou à peu près stables.
Des coordinations se sont mises en place dans plusieurs départements, où à l’échelle de villes, de moitiés de départements. Avec la fatigue des lycées en pointe, les bahuts fraîchement mobilisés n’ont pas acquis tous les réflexes d’auto-organisation et de structuration. L’enjeu pour la rentrée est que tout le monde reparte et que le mouvement s’homogénéise.
C’est un enjeu de taille : unifier la jeunesse en lutte, qu’elle vienne des quartiers populaires ou des centres-villes. Quelles que soient nos origines, nous serons tous au SMIC et précaires si le gouvernement n’est pas stoppé. Mais la propagande médiatique (les « casseurs » à capuches, les « bandes ethniques » qui viennent mettre le désordre et terroriser les « petits blancs ») pèse dans les consciences. Il y a une bataille idéologique à mener sur ce terrain.

...dans toutes les régions

La lutte a été très parisienne les premières semaines. Un mouvement ne peut être victorieux s’il se cantonne à une région. En décembre, des luttes pour le bac pro avaient eu lieu en Bretagne et dans d’autres coins (Toulouse...). Cela n’avait pas donné grand-chose. Mais des équipes militantes, des réflexes, des envies de revanche existent dans bon nombre de lycées.
La mobilisation n’a pas été ridicule dans plusieurs villes (voire chronologie) ; elle se structure un peu partout. Une réunion nationale des lycéens mobilisés a eu lieu le 19 avril. Elle a appelé à une nouvelle coordination le 3 mai.

Si les réflexes d’auto-organisation se remettent en place, si la mobilisation ne désemplie pas, qu’il y a une conscience de l’importance qu’il y a à se battre jusqu’au bout, si les rythmes tiennent jusqu’au 15 mai et que cette date est un succès dans les autres secteurs... Alors nous pourrons vivre une convergence des luttes et un mouvement qualitativement et quantitativement supérieurs au CPE. 40 ans après la dernière grève générale, nous n’en sommes pas loin !

JB, [Nanterre]