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Ingrid Betancourt : L’otage qui cache (si bien) la forêt

mercredi 30 avril 2008, par Adrien

Vous l’aurez sûrement remarqué, depuis quelques années, lorsque l’on parle de la Colombie, un nom, un visage, vient sans cesse cristalliser l’ensemble des débats : Ingrid Betancourt.
Toutes les mairies des grandes villes, qu’elles soient de droite ou de gauche, en ont fait une « citoyenne d’honneur » ; la plupart des conseils généraux voient leur façade arborer un portrait géant de la franco-colombienne et ses collectifs de soutien font souvent les premiers titres des journaux.

Qui est Betancourt ?

Ingrid Betancourt, fille de Yolanda Pulecio, et de Gabriel Betancourt, ancien ministre de l’Éducation colombien sous la dictature du Général Gustavo Rojas Pinilla, a été enlevée le 23 février 2002 par les FARC (Forces Armées Révolutionnaires de Colombie) alors qu’elle effectuait un « tour de Colombie » dans le cadre de la campagne présidentielle, où elle était candidate (sous l’étiquette d’un parti écologiste classé à droite). Depuis ce jour-là, la classe politique française se mobilise pour obtenir sa libération, critiquant une « guérilla marxiste aux méthodes moyenâgeuses et sanglantes » et apportant souvent un soutient médiatisé au Président Colombien, Alvaro Uribe, dans sa lutte contre les FARC.

Les responsables politiques et les médias se focalisent sur la question de l’otage Betancourt. Beau stratagème pour passer sous silence les vraies horreurs qui ont lieu chaque jour en Colombie, et qui sont le fait de groupes paramilitaires d’extrême droite. Ces milices fascistes héritées de l’époque Rojas, armées et entraînées par le gouvernement, apportent assistance à l’armée dans sa lutte contre les FARC et ont tous les droits.

Qui sont les terroristes ?

Entre 1982 et 2007, les paramilitaires ont perpétré plus de 3 500 massacres de civils en « territoire FARC », et ont volé plus de six millions d’hectares de terres. Environ 3 000 fosses communes ont été découvertes, remplies d’hommes, de vieillards, de femmes et d’enfants… Depuis 1985, toujours selon l’ONU, on signale 15 000 disparitions de militants d’organisation de gauche et d’extrême gauche, ainsi que 2 550 assassinats de syndicalistes. Les milices ont également éliminé plus de 1 700 indigènes. Tous ces chiffres viennent de l’ONU. Ils sont donc connus de Paris. Mais Ingrid Betancourt continue d’occuper 100 % de l’espace médiatique et politique concernant la Colombie. À titre de comparaison, les FARC détiennent 700 personnes, dont plus de la moitié de miliciens ou de militaires, et aucune exécution n’est encore à déplorer… Mais ce sont eux les terribles terroristes qui menacent la paix en Colombie. Quelle objectivité !

Hugo, [Toulouse]