Jeunesses Communistes Révolutionnaires

Accueil > RED > 2006 > RED 75 - décembre 2006 > Sexualité > Couple et fidélité

Couple et fidélité

mercredi 10 janvier 2007, par JCR-RED

Chaque individu est influencé par la société et son idéologie. Personne ne naît en dehors des rapports sociaux. Cela signifie que les rapports entre les individus sont construits par un ensemble de règles ou de normes. Cela concerne aussi les rapports amoureux.

Origine du couple

Les notions de couple et de fidélité ne sont pas « naturelles. » Pourquoi de s’aimer imposerait-il l’impossibilité d’aller « voir ailleurs » ? Historiquement, c’est lorsque la propriété est arrivée dans les sociétés primitives que ces normes sont apparues. S’il y a propriété, il faut la transmettre. L’homme qui a acquis la domination doit s’assurer que l’héritier est bien « son » enfant, donc que sa compagne lui a été fidèle... Tout dans le couple est lié à la notion de propriété. Une femme est « la femme de » quelqu’un et elle porte son nom. On est jaloux de son conjoint comme on est jaloux d’un bien que l’on possède... On parle de « voler » la copine ou le copain de quelqu’un. Le mariage est la consécration de ce principe d’appartenance mutuelle, dans lequel l’homme domine. Les femmes assument la majeure partie des tâches ménagères et c’est au foyer qu’ont lieu la majorité des viols et des autres violences faites aux femmes.

Le couple : un modèle imposé

Celles et ceux qui ne souhaitent pas fonder un foyer sont stigmatisés. Ne pas devenir « chef de famille » ou « mère aimante » c’est forcément ne pas s’épanouir. Les jeunes peuvent se permettre quelques aventures mais toujours dans l’optique de « se caser » un jour. Et là encore, les femmes qui multiplient les « plans culs » sont traitées de « salopes », là où un homme est vu comme un « Don Juan » ou un « chaud lapin. » Mieux vaut donc s’établir en couple stable, afin de sembler quelqu’un d’équilibré.

Pas de libération forcée

Certes, cela ne signifie pas que ceux qui vivent en couple sont forcément des réactionnaires. Ni même que faire le choix d’être fidèle est une erreur. Dans cette société, les modèles qui nous sont imposés depuis toujours nous influencent plus qu’on ne le croit. Il ne s’agit pas de s’émanciper par la force et d’avoir d’autres partenaires par obligation, pour montrer que l’on est « libéré. » Ce type de comportements est plus source de souffrance que de libération. Mais il est important d’analyser en quoi le couple est une source d’oppression et de combattre celle-ci, même en son sein, notamment en discutant franchement des limites que l’on se fixe.

JB, [Nanterre]

Messages

  • N’appartenant plus à aucune orga depuis 3ans( j’étais à speb avant l’integration),un regain de conscience et de grogne m’a poussé à parcourir votre site, à la recherche d’ informations, analyses et projets dignes de ce nom. Outre le matraquage médiatique préelectoral, les clochettes de guignol agitées de toutes parts et leurs echos amà¨res ; l’article de JB sur le couple, s’ il conforte agréablement ma vision de toujours, me met en face d’un problà¨me actuel majeur dans ma vie de couple ainsi que dans mon questionnement politique : que faire lorsque "l’amour" se heurte à des décalages d’idées, de visions apparemment insurmontables ? En effet, mon ami croit ferme au mariage et à la fidélité, consacrations de l’amour entre deux etres etc, et revendique un choix libre lorsque je lui évoque l’influence possible du modà¨le parental-parents mariés depuis 30 ans, pà¨re subvenant aux besoins de la famille et mà¨re cuisinant et récurant tout le jour...-. Par tradition familiale aussi, un sionisme naif,une vision du travail récompensé par l’achat du téléviseur dernier cri, en général un manque de curiosité qui, sans me donner envie d’aller "voir ailleurs", paralyse mon désir de manià¨re significative. Seulement je reflechis, et me dis que je refuse de me sentir eloignée de quelqu’un qui a d’inestimables qualités humaines, une tres grande tolérance à l’egard d’autrui, possà¨de un grand talent artistique(dessin)-vampirisé par warcraft et alien malheureusement-, qui s’avà¨re etre aussi intelligent que tout le monde, et me donne beaucoup d’amour par dessus tout. Sous pretexte que nous ne pensons pas pareil-pas encore-. Ce serait contraire à notre vocation je crois, de ne pas vouloir chercher à relier ce qui parait inconciliable ;de jouer le jeu de la division et de l’exclusion. Il est vrai que c’est dur de convaincre, d’autant que sa propre argumentation est encore trà¨s légà¨re même si la conviction et le coeur y sont. Mais voila un veritable défi politique et humain ; conquérir ensemble ses sentiments et ses idées, sa liberté en somme. Une bonne raison de ne pas abandonner la lutte et se remettre trà¨s vite sur le terrain ! Tout est bien qui finit bien !

  • l’article est interessant, mais j’aimerai revenir sur quelques points que je trouve tres limités :

    - Les jeunes peuvent se permettre quelques aventures mais toujours dans l’optique de « se caser  » un jour. Et là encore, les femmes qui multiplient les « plans culs  ».

    et c’est bien le probleme, car même les gens qui disent ne pas "donner dans ça" ne concoivent pas l’amour ou les sentiments autrement qu’en couple ou dans une vision typiquement unidimenssionelle, et qu’ainsi les prétendus " amours libres " revendiqués ou non, ne sont bien trop souvent que des histoires de cul hérigées en modà¨le de la subversion alors qu’elles ne sont trop souvent qu’une façon d’adapter la réification marchande aux rapports sexuels : je consomme de l’amour libre, je consomme des corps, je joui et j’attend la prochaine fois.

    - Certes, cela ne signifie pas que ceux qui vivent en couple sont forcément des réactionnaires.

    certes non, surtout pas le fait de vivre en couple " en apparence ", mais comme le commentateur précédent l’explique, les affaires de mariage, de normes, de codes, de promesse sur l’honneur et de serment à vie, ou même sans ça les " je suis pas jaloux " qui va aller cogner sur l’amant de sa petite ami même parmis des prétendus " révolutionnaires ", là on sombre carrement dans la réaction.

    - Dans cette société, les modà¨les qui nous sont imposés depuis toujours nous influencent plus qu’on ne le croit.

    ça s’appele le conditionnement.
    Aborde autour de toi camarade, l’idée même "d’amour libre" ou de "polyamour", il s’agit pas là du libertinage bourgeois mais de briser les barrià¨res des normes, qui dans nos sociétés se composent d’une apparence libre et libertine, et d’un fond, d’une réalité sociale qui est celle des codes rigides.
    Si tu ne te fait pas traité de hippy, t’aura de la chance.

    Je reviens pas sur le " émancipation par la force ", je demande sincerement combien de gens se "forcent" à faire ça.
    Une chose est sure, changer est souvent douloureux, et si tu ne crois pas que la rigidité des codes qui régissent le couple et des souffrances des mensonges et hypocrisies que celà génà¨re ne l’est pas plus encore, alors je crois que ton analyse est fondamentalement éronnée.
    Le plus difficile n’est pas encore de vivre une situation o๠l’on est par exemple sensé etre " jaloux " mais bien d’aller au bout de ses idées en dépassant ses contradictions, et même si ça peut etre " difficile ", le reste suit.
    C’est ça la dialéctique.

    Alors jusqu’à ce dernier paragraphe, ton analyse est tout à fait juste, mais à ce moment o๠on aborde les "solutions" pour dire ( vieille tradition réformiste il faut croire ) : "allons y en douceur, faudrait pas s’forcer quand même", je vois mal ce que tu préconises à part des " limites " qu’il faudrait encore poser avec son "partenaire" : mettez les choses au clair, l’amour n’est pas coté en bourse, ce n’est pas un gateau dont l’essence s’étiole en le partageant.

    je vous laisserai sur une phrase qui n’est pas de moi, ça nous changera.

    "Ceux qui parlent de révolution et de lutte de classes sans se référer explicitement à la vie quotidienne, sans comprendre ce qu’il y a de subversif dans l’amour et de positif dans le refus des contraintes, ceux-là ont dans la bouche un cadavre." Raoul Vaneigem.

    • Aux rares amouraches qui passent,
      annoncer immédiatement la couleur, en disant que l’on ne cultive aucune forme de jalousie entre ses amours, pourvu de trouver au moins quelqun d’attaché et d’attachant.

      C’est difficile, mais se reposer sur l’autre et se permettre de le voir comme une chose nous appartenant, c’est déjà être aliéné et multiplier les situations o๠l’on ne risque qu’une chose et c’est etre encore plus malheureux que si on ne profitai que du jour présent et pas d’un bonheur virtuel projetté sur d’hypopétiques fantasmes ...
      Quand "Je est un autre", ce n’est pas forcement pour nous plaire, et l’on n’y peut vraiment rien quand on se résigne à penser qu’on n’est pas plus ( ni moins ) maitre de son déstin que la personne qu’on prétend aimer autrement que parcequ’elle l’a elle aussi prétendu.

      Les amants, les salauds, les maitresses, les putes : voilà ceux qui savent généralement mieux aimer que personne, simplement parcequ’ils comprenent que l’amour n’as rien avoir à fouttre avec le couple, mais pouvait y etre lié conséquement, malheureusement pour l’amour et ses grandes
      aventures déraisonnées.

  • vous répandrez assurance auto occasion assurance auto 48 heures zurich assurance voiture geneve Faites un assurance auto pas chere sujet assurance voiture 3 suisses vous emportez assurance auto km parcouru Par les assurance auto la banque postale avis