Jeunesses Communistes Révolutionnaires

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Interview de Frédéric, militant au collectif Jeudi Noir

mercredi 30 avril 2008, par Adrien

RED : En quoi consiste le collectif Jeudi Noir ?

Le collectif Jeudi noir s’est créé en octobre 2006. Le nom fait référence au crash boursier de 1929, mais le jeudi est aussi le jour où sont publiées les offres immobilières sur Particulier à Particulier.
Notre collectif s’est créé afin de dénoncer la flambée des prix de l’immobilier qui pénalise principalement les jeunes et les plus précaires. Aujourd’hui, énormément de propriétaires abusent de leur position dominante pour exiger des loyers inabordables. Nous avons trouvé l’exemple d’un 14 m2 à Paris à louer pour 850 euros par mois !
Nos premières actions consistaient à nous inviter à nombreux dans les studios à visiter, prévenir les journalistes, profiter pendant un moment du lieu pour faire la fête et si possible interviewer le propriétaire pour lui demander de justifier les raisons pour lesquelles ses loyers sont si chers ! Ces actions ont permis de nous faire connaître médiatiquement et de populariser notre collectif.
À partir de décembre 2006, nous avons commencé à organiser des réquisitions de logements vides, en nous coordonnant avec d’autres orgas (Droit Au Logement, Macaq). L’objectif de ces occupations était de permettre à des étudiants et des familles en difficulté de se loger, mais également de lutter contre la politique qui consiste à laisser des logements vides livrés à la spéculation, tandis que deux millions de logements sont inoccupés et que les loyers explosent. Nous nous sommes installés au « Ministère de la Crise du Logement », puis nous avons obtenu en mai 2007 qu’il soit racheté par l’office public de la mairie de Paris.

RED : Quelles sont vos revendications pour résoudre la crise du logement ?

Récemment, nous avons lancé un appel unitaire « dix et une propositions pour sortir les jeunes de la galère du logement ». Cet appel exige l’application de la loi SRU (20 % de logements sociaux minimum), l’interdiction des expulsions sans relogement, l’application de la loi de réquisition des logements vides, le gel des loyers, la construction massive de cités U.
L’appel a permis de rassembler largement sur ces propositions. L’UNEF, SUD Etudiant, le MJS, le MJCF, les JCR et d’autres organisations l’ont signé. Maintenant, il va falloir concrétiser cela.

RED : Que penses-tu du processus de construction du nouveau parti anticapitaliste ?

D’abord, je veux préciser que Jeudi Noir est un collectif indépendant de toute organisation politique particulière, même si chaque militant est libre de s’investir où il veut.
Nous sommes plusieurs militants de Jeudi Noir à participer au comité NPA précaires sur Paris. Ce comité vient juste de commencer à se réunir, mais les participants sont motivés et les débats intéressants. Pour l’instant j’observe, on y verra plus clair sur le processus dans quelques semaines.

Propos recueillis par Romain, [Vitry]