Jeunesses Communistes Révolutionnaires

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BD  : « The Boondocks  »

avec un « B  » comme Bush, Black Panthers, B-Boy, Biggie Smalls...

mercredi 30 avril 2008, par Adrien

Qu’est-ce que la BD « The Boondocks » ? C’est ce qu’on obtient quand on mélange la culture Hip-hop, les films d’arts martiaux, les références aux Black Panthers, la critique du gouvernement Bush et de la guerre en Irak... Le tout sous un angle de critique politique radicale, et avec une forte dose d’humour et d’impertinence !

Once upon a time in America…

Huey et Riley Freeman sont deux jumeaux Afro-Américains de 9 ans, qui vivent avec leur grand-père Robert Jebediah Freeman. Quand celui-ci déménage d’un ghetto de Chicago vers Woodcrest (banlieue bourgeoise et blanche typique), il les emmène avec lui. « The Boondocks » est le récit de leur adaptation explosive à ce nouveau cadre de vie... En plein milieu de « l’après-11 septembre » et de la préparation de la guerre en Irak.

« Fight the Power ! » versus « Give me the money, bitch ! »

Riley et Huey incarnent chacun l’une des deux facettes de la culture Hip-hop : à la fois un moyen central d’expression pour la révolte et la radicalisation des Noirs américains, et un média « grand public » qui relaie les idées dominantes de recherche de profit, de concurrence, de sexisme...

Du haut de ses 9 ans, Huey est un authentique militant révolutionnaire, inspiré par les Black Panthers et par Public Enemy, et qui n’a qu’un seul but : renverser le pouvoir raciste et capitaliste de la Maison Blanche ! Alors que Riley, son frère jumeau, est fasciné par le Gangsta Rap, par Scarface, et n’a lui aussi qu’un seul but : devenir le plus gros lascar de Woodcrest...

« The Boondocks » a eu un succès colossal aux États-Unis : pendant plusieurs années, plusieurs centaines de journaux quotidiens américains l’ont publié chaque semaine sous forme de « strips » (des séries de 3-4 dessins). Mais l’histoire des « Boondocks », c’est aussi une histoire de censure : des dizaines de dessins ont été censurées par les journaux qui le publiaient, car jugés trop offensifs contre le gouvernement, ou l’establishment bourgeois Afro-Américain (qui prend cher sous la plume d’Aaron McGruder).

Bref, « The Boondocks » vaut le détour : enfin une BD qui nous apprend des choses sur la culture populaire américaine, qui défonce le système... Et qui fait rire !

PS : suite au succès de la BD, « The Boondocks » est devenu un dessin animé (qui passe en français sur MCM). Il n’est pas désagréable à regarder, mais il a juste perdu au passage tout aspect acide et politique... Dommage.

Carlito, [Nanterre]