Jeunesses Communistes Révolutionnaires

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On continue !

mardi 13 mai 2008, par Adrien

Les médias, le ministère, les syndicats lycéens nous annoncent « la fin du mouvement lycéen ». La manif du 15 mai ne serait qu’un dernier « barroud d’honneur » avant de se consacrer au bac...

Darcos peut faire des annonces...

Darcos a peu reculé. Le rattrapage du bac pro est une bonne chose. Cela prouve qu’on peut gagner des droits... Mais on ne peut pas s’en tenir qu’à ça !

Les autres mesures ne sont pas satisfaisantes. D’après l’UNL, Darcos s’est « engagé » à maintenir le BEP... Mais tous les BEP ne devaient déjà pas être supprimés. Alors lesquels vont être maintenus ? Des lycées ont déjà prévu des suppressions de filières à la rentrée prochaine ! Et pour ceux qui seront maintenus, avec quel contenu ? Quelle reconnaissance sur le marché du travail ? Aucune précision ni garantie, évidemment !

Pire ! Le bac pro en 3 ans, au lieu de 4, va être mis en place « filière par filière ». Il se peut « que le bac pro puisse continuer à être organisé en 4 ans, en fonction du niveau des élèves et des filières » nous dit la FIDL... Mais ça veut dire que selon l’élève, le lycée et la filière, les bac pro n’auront plus la même valeur, donc qu’ils ne donneront pas les mêmes droits à tous !
La mobilisation n’est pas que sur les conditions d’études, mais aussi sur les qualifications. Si on a des diplômes de merde, on sera précaire et au SMIC toute notre vie ! C’est pour ça qu’il faut aller jusqu’au bout !

... mais on connait ses véritables projets !

Darcos veut mettre en place un « service public de soutien scolaire » pour les 200 lycées les plus en difficulté. Cela peut paraître positif : si on est en galère, on n’aura plus besoin de se payer des cours privés hyper chers.

Mais qui va assurer ce service, alors qu’il y a moins de profs ? D’abord des profs eux-mêmes, qui vont devoir faire encore plus d’heures sup’ ! Ensuite des jeunes précaires, puisque 1500 postes d’encadrements vont être créés et qu’on va recruter 2000 étudiants. En gros, on sait qu’il y aura plus d’élèves en difficulté avec les réformes... Mais on fait les réformes quand même et on prépare un petit pansement !

Cela veut dire aussi que les lycées avec les meilleurs résultats auront moins d’heures d’aide individualisée. Donc ils se débarrasseront de leurs « mauvais élèves » en les envoyant dans les établissements qui assurent le soutien scolaire. On aura d’un côté des lycées pour bons élèves et de l’autre des « bahuts poubelles ».

Aujourd’hui dans la rue, demain on continue !

Le 6 mai, le mardi de la rentrée, la manif de Paris a été assez petite, 6000 selon les syndicats, alors qu’il y avait plus de 30 000 personnes avant les vacances. Mais dans d’autres villes, la mobilisation n’a pas faibli ! A Toulouse, ils étaient 3000, alors qu’ils étaient 1000 la semaine d’avant. Certaines villes ont rejoint la lutte pour la première fois...

Pour tenir, il faut mieux s’organiser. Il faut expliquer à tous les lycéens qu’il faut continuer. Pour ça il faut des tracts, mais aussi des passages dans les classes, des assemblées générales où on discute de toutes les revendications... Il faut aussi se coordonner à l’échelle des villes, des départements, de tout le pays... La cordination nationale lycéenne du samedi 17 mai est une échéance fondamentale du mouvement : sans une direction des lycéens eux-mêmes, le mouvement retombera.

Enfin, il faut entraîner les autres secteurs, à commencer par les profs. Après le 15, il faut convaincre les salariés de continuer la lutte, de se remettre en grève dès le lendemain et la semaine suivante ! Darcos n’a rien laché sur les suppressions de postes, alors que c’était la première de nos revendications !

Et quoi qu’il arrive, il faut rester organisés. Il faut continuer à se réunir, gagner des droits sur nos lycées, comme le droit de se réunir, de sortir un journal local, d’afficher des infos dans le lycée... Il faut empêcher toute répression, tout conseil de discipline, tout procès, toute non-réinscription de lycéen à la rentrée... Pour ça, il faut faire des rassemblements, des manifs, se lier aux syndicats de profs et aux parents d’élèves.

La lutte contre Sarko ne fait que commencer !