Jeunesses Communistes Révolutionnaires

Accueil > RED > 2008 > RED n°93 - Eté 2008 > Kultur > La bataille de Seattle

La bataille de Seattle

dimanche 8 juin 2008, par Adrien

Ce film de fiction est basé sur des faits réels qui se sont déroulés à Seattle fin 1999 lors des grandes manifestations contre la réunion de l’OMC, acte fondateur du mouvement international baptisé par la suite mouvement « altermondialiste ». Le film met en scène un groupe de militants écologistes se coordonnant dans le but d’empêcher la tenue de la réunion de l’OMC. Le film retrace les moments qu’ils ont vécus durant les trois jours des manifestations, les violences policières et les arrestations et enfin leur victoire avec l’échec des pourparlers dû au refus des pays du Sud et la libération des manifestants arrêtés. Durant l’heure et demie du film, le réalisateur se livre par le biais de la fiction à une critique des médias et de leur connivence avec le pouvoir, à une critique de la police et de leur rôle répressif ainsi que de la brutalité avec laquelle ils accomplissent leurs tâches (même si le réalisateur développe une vision un peu sentimentaliste en montrant un flic qui se remet en question en allant voir l’un des protagonistes en prison pour lui demander pardon).
Est aussi montrée la duplicité du pouvoir avec un maire qui promet de respecter les manifestants et qui, vingt-quatre heures plus tard, sous la pression du gouvernement fédéral et devant l’ampleur inattendue des manifestations, déclare un couvre feu et envoie les flics briser les cortèges, arrêter le plus de manifestants possible et gazer violemment.

Retraçant avec justesse les évènements de Seattle, ce film présente, malgré tout, quelques limites. La place du mouvement ouvrier organisé dans les événements y est minimisée. Seulement à deux ou trois reprises des images de cortèges syndicaux (qui étaient très présents à cette manifestation) sont montrés et le moment où une partie de ces travailleurs a rejoint les alter mondialistes en déviant le parcours négocié entre syndicats et police ne prend pas la place essentielle qu’il mérite.

Le film finit sur des images d’archives en faisant un bref bilan du mouvement alter mondialiste. Il montre comment la contestation de la mondialisation capitaliste s’est répandue aux quatre coins du globe, mettant dans la rue des millions de personne, notamment le 15 février 2003 contre la guerre en Irak.

C’est un film précieux malgré les quelques limites qu’il peut avoir. Les films sur la contestation du capitalisme qui se développent depuis une quinzaine d’années ne sont pas très nombreux et ceux qui existent sont des outils militants très importants y compris dans notre tentative actuelle pour constituer un nouveau parti anticapitaliste. Le film finit sur le slogan « le combat continue », implicitement appelant à de nouveaux Seattle et de nouvelles victoires. Un film à utiliser sans réserve dans notre combat contre le capitalisme !

Laetitia (Censier)