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Lycéens en colère, bien décidés à ne pas se laisser faire !

dimanche 8 juin 2008, par Adrien

Le mouvement lycéen a commencé au niveau national le 18 mars, avec la grève des profs contre les suppressions de postes et contre la suppression du cycle BEP/Bac pro.

Ce mouvement a été explosif. Il était avant tout issu des banlieues. Il exprimait une rage profonde, un grand ras-le-bol de la précarité, de la galère, de Sarko et de son gouvernement.
En manif, le nombre n’a fait qu’augmenter avec des milliers jeunes révoltés dans la rue, deux fois par semaine pendant deux mois. Le mouvement a mis des mots sur cette haine éprouvée : des revendications. (Voir ci-contre)

Ce mouvement était donc à la fois défensif et offensif. En plus de s’opposer à la casse de notre Éducation, à la déqualification de nos diplômes et donc à un avenir précaire, il réclamait une amélioration de nos conditions d’études… Ce qui ne serait pas du luxe.

L’organisation locale

L’une des particularités du mouvement lycéen de 2008 est sans doute sa spontanéité et le peu de place laissé à l’information et à l’organisation. À part dans les lycées où existaient déjà des équipes militantes, il y a eu peu de distributions de tracts, de passages dans les classes…
La conséquence du manque d’information est que seule une minorité de lycéens comprenait la logique d’ensemble des réformes.

Le manque d’AG a aussi renforcé ce phénomène. Les lycéens présents en coordination ne pouvaient faire de compte-rendu, ce qui aurait permis à l’ensemble des lycéens d’avoir une vision d’ensemble de la mobilisation. Le manque d’information a pu rendre le mouvement fragile face aux différents types de répression, administrative ou policière. Il est plus facile pour un proviseur de prendre des sanctions contre un petit groupe d’élèves si les autres ne sont pas informés et prêts à se mobiliser contre la répression. On résiste mieux aux coups de pression des flics ou de l’administration si on sait qu’on est soutenu par de nombreux lycéens. Mais pour cela, il faut qu’ils soient informés et convaincus de se mobiliser.

Les coordinations

En plus du manque d’information, l’absence d’assemblées générales dans les bahuts a eu pour conséquence des coordinations peu représentatives.

Que ce soient les coordinations départementales, régionales ou nationales, elles ont une grande utilité. Elles permettent de réunir l’ensemble des lycéens pour décider démocratiquement de l’activité menée durant, de voter l’ensemble des décisions liées au mouvement, donc d’avoir une action commune d’un bahut à l’autre.

Elles doivent être la direction du mouvement, ce que les syndicats ne peuvent pas être, car ils ne regroupent qu’une infime minorité de lycéens.

La coordination n’est pas parvenue à dépasser ces structures : peu de lycéens étaient informés de ce qui y avait été dit, donc les décisions n’étaient pas relayées, ni dans la presse, ni dans les bahuts. C’est notamment pour cela que la mobilisation s’est achevée progressivement avec les premiers reculs de la FIDL et de l’UNL.

Sortir de l’isolement

Comme en 2005, les lycéens n’ont pas pu gagner seuls. Il faut chercher à entraîner d’autres secteurs. Certains exemples, comme à Voltaire (Paris 11ème), montrent que cela a été payant : après des semaines de lutte commune lycéens - profs – parents, le lycée a obtenu le maintien de six postes. Comme nous l’a appris le mouvement contre le CPE, pour gagner il faut que les jeunes soient rejoints par les travailleurs. Aujourd’hui, la capacité de lutte des jeunes n’est pas amoindrie, au contraire ! Si les bons bilans sont tirés par la majorité, elle sortira du mouvement renforcée.

On ne s’arrêtera pas là…

Le mouvement lycéen n’était qu’un début. Ce qu’il faut, c’est continuer à lutter contre la politique de casse globale de nos acquis. Pour que l’ensemble des lycées qui ce sont mobilisés puissent tirer les bilans et voir les perspectives, nous devons organiser des réunions publiques, structurer des équipes militantes, par exemple dans des Comités d’actions lycéens ou autour de journaux. Mais il faut aussi créer des comités pour un nouveau parti anticapitaliste partout où c’est possible. C’est en se réunissant pour discuter et en cherchant à mobiliser l’ensemble des lycéens en nous organisant, que nous pourrons amorcer les prochaines luttes et gagner.

On peut imaginer une prochaine année riche en résistance. Forts de notre expérience, nous pouvons dès maintenant commencer à préparer la riposte !

Sahra [lycée Joliot-Curie, Nanterre] et Harry [lycée Monet, Paris 13ème]