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Italie

Une nouvelle organisation anticapitaliste : Sinistra Critica

dimanche 8 juin 2008, par Adrien

Le parti de la Refondation Communiste (PRC) a été une tentative de recomposition : c’était une tentative pour mettre ensemble ce qui restait des PCI (Parti Communiste Italien, l’équivalent italien du PCF) et de la « nouvelle gauche » des années 70 qui avait survécu aux années 80 avec des sigles divers (Démocratie Prolétarien, PdUP, etc.).

Notre participation à la construction du PRC n’était pas liée directement à l’idée d’en faire un à parti anticapitaliste. C’était évident, toutefois, que dans le conteste italien du début des années 90 et avec la dégénérécence définitive de la majorité du PCI en réformistes, avec la création du Parti des démocrates de Gauches (PDS en italien), qui ont été à la création aujourd’hui du Parti Démocrate. Le PRC pouvait représenter l’espace privilégié par lequel nous tentions de construire une gauche anticapitaliste.

Parfois, le PRC nous a fait espérer la possibilité de poursuivre cette route, cette « expérimentation ». Mais la fin n’a pas été heureuse. Ce qui restait du PCI et de la « nouvelle gauche » s’est laissé complément engloutir par la gauche sociale- libérale.
La participation du PRC au Gouvernement Prodi, sa fonte officieuse dans un cartel électoral en 2008 (Gauche Arc-en-ciel) et la débâcle définitive aux dernières élections, ont marqué la fermeture d’un cycle et la fin de Refondation Communiste comme projet politique collectif.
Les causes de cette dégénérescence sont multiples et de différente nature : d’un côté les défaites répétées du mouvement ouvrier italien ont pesé, sur la peur de la direction d’entraîner avec eux des milliers de militants dans un gouffre sans fond. D’un autre côté, le manque de clarification programmatique a pesé dans Rifondazione ainsi que la structure bureaucratique du parti.

Aujourd’hui, le PRC n’est plus au cœur de la réorganisation politique, il n’est plus un moyen utile pour la construction des mouvements sociaux, et il n’est surtout plus un outil d’autonomie et d’indépendance de la classe que nous avons contribué à construire depuis le milieu des années 90. La participation à l’expérience du PRC a été de toute façon un moment fondamental de notre parcours politique. Et c’est de cette expérience, du travail de centaines de militants et de militantes qu’est né Sinistra Critica (la gauche critique).

Avec la naissance de Gauche Critique, on ouvre une nouvelle phase, qui fait règle les comptes des faillites et défaites du passé . Ce n’est pas la simple tentative de recomposition à gauche, mais la reconstruction d’une gauche anticapitaliste basée essentiellement sur les nouvelles générations qui se sont politisées dans les mouvements altermondialistes et après Gènes en 2001

La Gauche Critique veut être un moyen utile pour la construction d’une autre gauche. Le projet qui est commencé de façon collective et transparente avec la dénonciation de la fermeture du cycle du « PRC » et qui nous a permis d’éviter la dispersion d’une myriade de militants déçus par cette expérience. Nous avons défini la Gauche critique comme un « mouvement pour la gauche anticapitaliste » ; conscients de la bêtise de s’autoproclamer « parti », à l’heure actuelle. Toutefois nous sommes convaincus de l’importance que peut avoir notre travail politique pour la construction d’une nouvelle gauche qui, au-delà de son anticapitaliste, devra être écologiste, féministe et internationaliste. Gauche critique veut être un moyen politique utile pour les militant(e) s qui veulent s’emparer de cette construction.
Pour faire ceci, il est fondamental d’avoir une dimension Européenne, une Gauche anticapitaliste européenne, qui nous permette de renforcer notre engagement et qui soit une expérience utile à toutes les organisations nationales, et qui vise la croissance et le développement des mouvements sociaux.

Tatiana, [Sinistra Critica, Italie]
Traduction Raphaël Greggan