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Référendum séparatiste en Bolivie

dimanche 8 juin 2008, par Adrien

Dimanche 4 mai, le referendum pour l’autonomie de la province de Santa Cruz en Bolivie aurait remporté 85,1 % des voix (selon le gouverneur de la province) Avec une abstention de près de 50 % (selon le gouvernement Bolivien).

La Bolivie a connu dans les années 90 les privatisations de sa compagnie aérienne, des chemins de fer, de l’électricité et du pétrole. 26 compagnies étrangères exploitent les richesses naturelles (gaz et pétrole) du Pays.

République parlementaire, la Bolivie est fortement décentralisée avec 9 provinces dirigées chacune par un préfet (trois tenues par le MAS, mouvement vers le socialisme). La Media Luna (provinces de Pando, Beni, Santa Cruz et Tarija) est la partie « riche » du pays. Les gouverneurs de ces régions mènent la fronde contre le gouvernement d’Evo Morales élu en 2005 avec 53 % des voix. La province de Santa Cruz à elle seule représente 30 % du PIB du pays.

Evo Morales, premier président amérindien de Bolivie, est élu pour la défense des populations indiennes, pour mettre fin au libéralisme, pour nationaliser les hydrocarbures et mettre en place la réforme agraire. La bourgeoisie pèse de toutes ses forces pour empêcher ces changements (blocage de la nouvelle constitution, blocage sur la mise en place des retraites…).

Le referendum organisé, jugé anticonstitutionnel, ne sera pas reconnu par la Cour nationale électorale. Dans certains secteurs, comme la localité de San Julian, le vote a été perturbé par des affrontements. Les États-Unis, eux, appuient les scissionnistes. L’ambassadeur américain a déplacé son Bureau vers Santa Cruz et organise des réunions de travail avec les gouverneurs de la Média Luna.

Le Sénat vient de voter la loi proposée par Evo Morales sur un referendum prévu pour le 10 août prochain : “Êtes-vous d’accord pour que se poursuive le processus de changement impulsé par le président Evo Morales Ayma et le vice-président Alvaro García Linera ? et “Êtes-vous d’accord pour que le gouverneur poursuive ses politiques, ses actions et son administration ? Evo Morales remet donc en jeu son mandat contre celui des gouverneurs.

Nin, Nice