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Le 1er mai aux Etats-Unis : Grève des dockers et mouvement des immigrés

dimanche 8 juin 2008, par Adrien

Ce Premier Mai, dans toutes les villes de la côte Ouest des États-Unis, les ports sont restés fermés lors d’une journée de grève des dockers contre les guerres en Irak et Afghanistan. De San Diego à Seattle, les navires n’ont pas bougé, les grues n’ont pas chargé de cargo.
Certains des ports, notamment celui de Los Angeles, transportent plus d’un milliard de dollars de cargaisons par jour, il s’agit donc d’une action majeure pour bloquer la circulation des marchandises.

Cette action est la première grève depuis le début de la guerre en Irak en 2003 avec, comme revendication principale, le retrait immédiat des troupes américaines du Moyen-Orient.
Les 25 000 grévistes ont reçu des déclarations de solidarité des travailleurs d’autres villes américaines, et aussi étrangères - plus spécifiquement en Irak, où les dockers de la ville maritime de Bassora ont défié l’occupation militaire en se mettant en grève pendant plusieurs heures.

Les grévistes se sont rassemblés dans plusieurs manifestations, notamment à San Francisco, où ils ont été rejoints par des porte-parole du mouvement antiguerre, dont Cindy Sheehan - militante qui a perdu son fils en Irak - et Cynthia McKinney, candidate des Verts aux prochaines élections présidentielles.
On voit, pour la première fois depuis des décennies aux États-Unis, un syndicat, l’International Longshore and Warehouse Union (ILWU, le syndicat des dockers de la Cote Ouest), mener une grève contre une guerre menée par les États-Unis, en liant le combat des dockers autour des négociations sur un nouveau contrat de travail avec la politique de guerre.
L’appel de l’ILWU a fait le lien entre les différents secteurs qui ont été en lutte ces dernières années.
Les manifestations ont avancé comme revendications le retrait immédiat des troupes, un système de santé gratuit pour tous, plus d’argent pour les écoles, et la fin de la culpabilisation des immigrés pour les problèmes économiques. Autre point important, la précision de qui pourra mettre fin à la guerre et aux occupations militaires :
« Travailleurs unis sans frontières. C’est nous qui allons mettre fin à cette guerre ».

Si la grève des dockers a été une nouveauté cette année, les mobilisations pour la régularisation des immigrés sans-papiers, en cours depuis 2006, ont également eu lieu dans toutes les grandes villes américaines.
Loin des immenses marches d’il y a deux ans, les manifestations - les plus grandes ont rassemblé autour de 20.000 personnes à Los Angeles, Chicago et New York - ont tout de même signifié que des travailleurs résistent à la pression de concentrer tous leurs efforts politiques sur les campagnes électorales. Les slogans, en anglais et espagnol, ont démontré une forte volonté chez les immigrés de ne pas laisser faire le gouvernement.

Et il y a assez de raisons pour continuer. Ces derniers mois ont été marqués par une vague de rafles et d’expulsions dans tout le pays.
Les agents de l’ICE (Police de l’Immigration et de la Circulation) peuvent envahir les lieux de travail à tout moment et arrêter des centaines de travailleurs, sous prétexte de chercher des « criminels ». Les « criminels » qu’ils cherchent sont, bizarrement, presque tous des Latinos… Le 2 mai, comme en punition des actions du jour d’avant, il y a eu des rafles dans plusieurs restaurants mexicains à San Francisco : 60 personnes ont été arrêtées.
Pour lutter contre les rafles et le racisme d’État, des réseaux d’urgence existent dans plusieurs villes, où participent des associations politiques, des avocats et des syndicats.

Dans une campagne électorale où aucun candidat ne propose de garanties de régularisation, il est de plus en plus clair dans les communautés immigrées que la seule solution pour faire face au climat de peur c’est de s’organiser eux-mêmes pour étendre la lutte.
Sí se puede !

John, PRG