Jeunesses Communistes Révolutionnaires

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Contribution des JCR à la réunion nationale des comités NPA

mardi 24 juin 2008, par Adrien

1- Multiplication des attaques contre les jeunes…

L’offensive de la classe dirigeante contre les droits et les acquis des travailleurs n’épargne pas la jeunesse. On assiste à une attaque en règle contre l’Education, contre les qualifications : LMD, loi Fillon, LRU et récemment suppressions de postes, réformes du bac pro. Les prochaines réformes sont déjà en route avec le projet de bac unique, la réforme des IUFM et le recrutement des enseignants à bac + 5 ou encore la création de facs d’excellences avec la mise en place de l’opération campus. Bien sûr ces différentes attaques s’inscrivent dans le projet plus global de la classe dirigeante de faire baisser le coût du travail et casser les garanties collectives des salariés. En s’attaquant aux diplômes et aux qualifications, c’est en réalité aux conditions de travail de l’ensemble des salariés qu’elle s’attaquent. De même avec le CPE, elle a commencé par s’attaquer à la jeunesse mais dans l’objectif de détruire l’ensemble du code du travail.

Mais en plus d’attaquer les conditions de travail de ces futurs salariés, la classe dirigeante cherche aussi à faire rentrer cette nouvelle génération dans le rang. Les contrôles au faciès, la répression policière sont le quotidien de nombreux jeunes. Les jeunes qui se sont mobilisés ces dernières années se sont vus systématiquement opposer des charges de CRS aux blocages des leurs facs ou de leurs lycées. Sans parler des nouveaux programmes scolaires qui font réapparaître l’enseignement de la morale et de la Marseillaise.

2- … Et émergence d’une nouvelle génération militante !

Mais face à ça des résistances existent. Depuis 2002, nous avons pratiquement vécu, dans la jeunesse, un mouvement de masse chaque année. Il y a eu les mobilisations contre Le Pen, le mouvement contre la guerre en Irak, la mobilisation contre le LMD, contre la loi Fillon, la révolte des quartiers, le mouvement CPE et cette année encore contre la LRU et le mouvement lycéen du printemps dernier. Il est clair qu’il existe une combativité particulière dans la jeunesse. Elle est dotée d’une plus grande spontanéité pour la lutte, qui s’explique sans doute par le fait que cette nouvelle génération n’ait pas connu les défaites des luttes passées et son lot de démoralisation, par le fait que les bureaucraties syndicales, qui freinent souvent le déclenchement de mobilisations, aient moins d’emprises sur elle. Mais surtout cette nouvelle génération sait qu’il lui reste toute sa vie à construire dans cette société qui pour le moment ne lui offre aucun avenir. Il est donc normal qu’il y ait une plus grande volonté, pour la jeunesse, de renverser ce système.

Même si nous sommes conscients que des mouvements de jeunes ne pourront pas à eux seuls renverser le système, il est clair qu’ils ont quand même un impact important dans les luttes et peuvent modifier le rapport de force avec le gouvernement. La mobilisation contre le CPE est le premier mouvement depuis 10 ans à avoir fait reculer un gouvernement. Les mouvements de jeunes de ces dernières années ont plutôt redonné confiance aux salariés dans notre capacité à résister. Dans certaines situations, les mobilisations de la jeunesse sont l’étincelle qui permet de déclencher d’autres mobilisations et entraînent le reste des salariés dans l’action.

Les mobilisations de ces dernières années ont permis à toute une série de jeunes d’accumuler une expérience de la lutte, des réflexes de mobilisation. Nous assistons à l’émergence d’une nouvelle génération militante qui a fait ses premières armes dans les mouvements de la jeunesse scolarisée mais pas seulement. La grève à PSA Aulnay ou les mobilisations des enseignants ont vu toute une nouvelle génération de salariés sur le devant de la scène.

3- Reconstruire l’idée qu’il faut s’organiser collectivement

L’organisation (syndicale ou politique) de cette nouvelle génération militante reste difficile. Les renoncements successifs, la faillite des expériences de la gauche de gouvernement, etc., pèsent encore lourdement sur les consciences : la nécessité du besoin de s’organiser peine encore à s’imposer. Dans ces conditions, le degré d’organisation ne suit pas un développement parallèle à celui des mobilisations.

L’écho que rencontre notre projet de parti témoigne pourtant d’un possible recul de ce sentiment. Ca ne fait que souligner la pertinence de notre objectif.

4- La jeunesse a besoin d’un nouveau parti.

Plus que jamais, nous avons besoin d’un nouveau parti pour cette nouvelle génération. Nous avons besoin d’un nouveau parti qui offre, à cette nouvelle génération de lutte, de réelles perspectives et un réel espoir de changement de société, un nouveau parti qui ne reproduise pas les trahisons de la « vieille gauche ». Pour être efficace, nous avons besoin d’un parti qui soit clairement indépendant des institutions de la société capitaliste, un parti qui se fixe pour objectif de renverser le capitalisme, un parti qui soit pour la transformation révolutionnaire de la société. Pour pouvoir remporter les prochaines batailles, nous avons besoin d’un parti de militants qui soit en capacité d’agir sur le cours réel des choses, d’un parti qui prenne des initiatives pour le déclenchement de luttes, qui soit capable de défendre une orientation qui permette aux luttes de gagner.

5- L’enjeu : organiser la nouvelle génération militante.

Un des enjeux pour ce nouveau parti est de réussir à organiser cette nouvelle génération, pour capter et renforcer sa combativité exceptionnelle. Mais cela ne se fera pas naturellement. En effet, si de nombreux jeunes ont d’ores et déjà répondu à l’appel et construisent les comités NPA, le potentiel est encore bien supérieur.

Pour impliquer le plus de jeunes possible dans le processus, nous devons réunir 2 conditions : faire de l’intervention dans la jeunesse une des priorités des comités puis du NPA, et permettre aux jeunes de développer des cadres spécifiques au sein du processus puis du NPA, adaptés à leurs rythmes spécifiques, à leur plus grande spontanéité pour l’action, à la fréquence des luttes plus importante… Ce nouveau parti doit offrir des cadres spécifiques aux jeunes qui permettent d’élaborer une orientation plus proche des préoccupations de la jeunesse, qui leur permettent de faire leurs propres expériences.

Pour l’ensemble de ces raisons, nous laissons ouvert l’objectif de la construction d’une organisation de jeunesse qui permettrait aux jeunes de prendre leurs propres décisions, de faire leurs propres expériences, de pouvoir s’adapter aux rythmes et aux modes de radicalisation spécifiques de la jeunesse.

Mais nous sommes aussi conscients de la tâche que représente la création d’un nouveau parti et de la difficulté que représenterait la création simultanée d’un nouveau parti et d’une nouvelle organisation de jeunesse. De même, vu le rôle qu’a joué la jeunesse dans les mobilisations de ces dernières années, il est déterminant qu’elle participe à l’ensemble des discussions sur la fondation de ce nouveau parti et que tous les jeunes soient des membres de ce parti à part entière.

6- Un nouveau parti tourné vers les jeunes

Pour autant, si nous voulons organiser un maximum de jeunes dans ce nouveau parti, les comités NPA doivent s’efforcer d’avoir une intervention dans la jeunesse. C’est-à-dire organiser des distributions de tracts, des collages, des réunions… spécifiquement en direction de la jeunesse : sur les facs, les concentrations de jeunes travailleurs (Centres de Formations d’Apprentis…), les lycées (en particulier dans les banlieues et quartiers populaires). En particulier, il s’agit aussi d’aider les jeunes déjà impliqués dans le processus à développer une activité NPA dans leur milieu.

En fonction des différentes réalités, dès que possible, c’est-à-dire dès que des jeunes participent en nombre suffisant aux comités NPA, il faut les aider à structurer des comités NPA jeunes qui soient leur principal lieu d’intervention, de discussions et d’élaboration d’une orientation et du matériel en direction de la jeunesse. Ce sont les cadres qui permettent à tous les jeunes intéressés par le projet d’organiser leur milieu, de décliner le processus à une échelle locale, directement sur leur fac, leur lycée, leur CFA ou leur FJT… Ces cadres spécifiques permettraient aux jeunes d’élaborer une orientation plus proche des préoccupations de la jeunesse et de faire leurs propres expériences (intervention dans le mouvement lycéen...). Et il y en a bien besoin, vus les rythmes spécifiques de la jeunesse, sa plus grande spontanéité pour l’action, les luttes plus fréquentes… La structuration en comités jeunes permettrait à la fois d’avoir des cadres pour se retrouver entre jeunes, et en même temps d’être pleinement engagés dans le processus NPA et en lien avec tout le monde (jeunes, moins jeunes, vieux...), par le biais des réunions communes, d’AG des différents comités...

Le nouveau parti pourrait offrir la possibilité de sortir du matériel propre aux jeunes, de mettre en place des campagnes spécifiques et des organes de structurations spécifiques : journal, site, logo. Pour que le nouveau parti soit utile dans les luttes de la jeunesse nous avons besoin d’une instance de coordination et de direction pour l’ensemble des jeunes de ce nouveau parti, pour pouvoir mener une même orientation partout en même temps, pour pouvoir se coordonner et pousser dans le même sens au moment des mouvements…

Vu l’importance des mouvements de la jeunesse dans les luttes de ces dernières années, vu la place que prennent les jeunes dans le processus de nouveau parti, le premier enjeu est de construire une structure permettant à tous les jeunes du NPA d’être une force de frappe dans les luttes. C’est cet objectif qui doit guider toutes les discussions sur la place des jeunes dans le NPA.

Ce sont l’ensemble de ces éléments que nous devrons commencer à discuter lors de la réunion des 28 et 29 juin prochains. La commission jeunes permettra notamment de commencer à discuter d’une campagne de rentrée pour l’ensemble des jeunes participant au processus, de la mise en place d’un secrétariat jeune qui serve d’instance de coordination et d’homogénéisation des différents comités jeunes.