Jeunesses Communistes Révolutionnaires

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L’intersexualité

samedi 25 octobre 2008, par Adrien

La question de l’intersexualité
est très mal connue. De
nombreuses fausses idées
circulent, notamment sur la
fréquence de l’intersexuation,
qui n’est pas aussi rare que ce quon peut
croire. L’intersexuation existe sous de multiples
formes, plus ou moins faibles, chez un
grand nombre de personnes.
Les hommes ont généralement deux
chromosomes différents. Un Y et un X (XY).
Les femmes, elles, ont généralement deux
chromosomes identiques X (XX). Mais
il existe des exceptions à ces tendances,
comme par exemple des hommes XXY,
des femmes XY ou des hommes XX…
A la naissance, il se peut qu’on ne puisse
déterminer clairement à quel sexe appartient
l’enfant (présences des deux organes
masculin et féminin, clitoris sur-développé,
pénis sous-développé…). La famille dispose
alors de trois jours pour déterminer
de quel sexe sera son enfant, souvent sous
influence du médecin. Une fois ce choix
fait, l’enfant subit une série d’opérations
chirurgicales plus ou moins barbares.
S’ajoute à ces opérations un très lourd
traitement hormonal, que l’enfant suit pendant
plusieurs années et qui le déstabilise
fortement sur le plan psychologique et
physique. En plus de ne pas avoir pu choisir
son sexe, l’enfant voit se développer un
corps qui ne correspond pas forcément
à ce qu’il aurait voulu être. Ce que nous
revendiquons, c’est la liberté pour l’enfant
de choisir lui-même les opérations chirurgicales
qui lui seront faites, ainsi que le
sexe auquel il souhaite appartenir.
Comme on le sait, l’identité « homme »
ou « femme » n’est ni innée ni biologique.
C’est une construction sociale ! Il faut refuser
l’obligation de choisir arbitrairement
le sexe de l’enfant avant trois jours. Ces
pratiquent renvoient à une vision binaire
du genre : il n’y aurait pas d’autre identité
possible. C’est une vision essentialiste,
c’est-à-dire que ce serait dans la nature
humaine d’avoir l’un ou l’autre des genres.
Cela signifie donc la négation des personnes
intersexes et leur mutilation pour
rentrer dans la norme. Cette même logique
conduit à n’accepter les personnes trans
que si elles sont stérilisées...
La liberté sexuelle, c’est aussi le droit de
s’affranchir des schémas tout faits qu’on
nous impose dès l’enfance !

Messages

  • Bonjour,
    Je me permets de réagir.
    Donc à bien entendre votre contestation, "Il faut refuser l’obligation de choisir arbitrairement le sexe de l’enfant avant trois jours." Refus de cet arbitraire injuste en somme. Si le communisme révolutionnaire est émancipateur, en revanche il faudra déterminer de quoi l’on souhaite s’émanciper.
    Il me semble que l’arbitraire que vous visez ici, n’est rien d’autre que l’arbitraire du réel. On naà®t homme, on naà®t femme, c’est arbitraire et ça n’est portée par aucune justice mais c’est comme ça. Les progrà¨s technologiques ont permis l’émergence de nouvelles demandes (à mon avis, demandes immédiatement mises au service d’une logique capitaliste)... notamment celle du changement de sexe. Au nom de quoi refuser le transsexualisme ? (Seules les religions se sont permises de légiférer, et on trouvera par exemple dans l’ancien testament l’interdiction du travestissement).
    Les cas d’hermaphrodismes vrais et pseudo-hermaphrodismes relà¨vent d’une autre logique : l’anomalie (car il s’agit bien d’une erreur chromosomique) n’est pas sans conséquences sur l’être humain à -vivre. Et il est sà »r que, bien plus que tout traitement hormonal et opération chirurgicale, cette ambi-position sexuelle est des plus mal-aisées à tenir. D’une part, difficultés psychologiques vis-à -vis de notre société, peu tolérante envers la différence. D’autre part, difficultés vis-à -vis de soi-même (qui suis-je ? ni homme ? ni femme ?) et je renvoie à la lecture des pages des Chants de Maldoror sur l’Hermaphrodite.
    Ainsi, la question est-elle de s’émanciper des conditions réelles de notre existence ? ou (au contraire ?) s’émanciper du formatage par la propagande culturelle de l’idéologie dominante qui exige de nous que nous jouissions à tout prix ? (lisons l’homme sans gravité de Charles Melman) que nous nous réalisions pleinement ? que nous soyons toujours heureux ?
    Cet impératif séducteur (lisons le divin marché de Dany-Robert Dufour) que nous avons intégré bien facilement au cours de la mutation culturelle de ces dernià¨res décennies(et qui n’a pas été sans une certaine reprise d’un idéal de mai 68 détourné et retourné en son strict opposé oppresseur), cet impératif est ce dont nous devrions tenter de nous défaire.

    Je veux dire : à vouloir nous libérer de l’arbitraire du réel (la différence des sexes existent, la mort et le deuil existent, la limite existe...) ne jouons-nous pas le jeu de idéologie dominante à laquelle précisément nous souhaitons échapper ?

    Arthur

     :-)

    PS : Lisons enfin De l’inconvénient d’être né, Cioran, mais pour le plaisir cette fois.

    Voir en ligne : égalitarisme phallique ou totalitarisme du pas-phallique ?