Jeunesses Communistes Révolutionnaires

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Quelle campagne jeune sur la question du « nouveau parti  » ? Premières réflexions

lundi 9 juillet 2007, par Antoine

Le congrès des JCR a constaté le décalage qui existe entre l’ampleur des mobilisations sociales, en particulier dans la jeunesse, et le niveau d’organisation des jeunes, et qui existe aussi entre l’écho de notre courant et son implantation, sa réalité militante. On peut faire ce constat au niveau des salariés, et c’est celui que fait la LCR en décidant de proposer la construction d’un nouveau parti. Mais ce constat est encore plus clair dans la jeunesse. Nous constations et formulions donc la nécessité d’une nouvelle force dans la jeunesse, d’une nouvelle organisation de jeunesse, qui réponde aux enjeux de la situation.

Pour autant, il apparaît peu crédible que notre courant politique lance en même temps une campagne pour un nouveau parti et pour une nouvelle organisation de jeunesse. Cela signifierait deux campagnes séparées, avec des réunions séparées, ce qui paraît difficile étant données les forces limitées de notre courant et l’ampleur de la tâche. Ce constat ne doit pas nous faire changer d’avis sur la nécessité d’un cadre autonome des jeunes, et même d’une organisation de jeunesse autonome. Celle-ci reste un objectif. Mais cela doit amener à penser la méthode concrète d’action pour mettre en place une campagne dans la ligne de celle de la LCR, pour "un nouveau parti" (voir la motion de la direction nationale de la LCR), ou plutôt un volet jeune de cette campagne.

L’organisation de jeunesse autonome est le meilleur cadre pour organiser les jeunes car il permet d’organiser les dynamiques propres de la jeunesse (que nous avons pu constater dans le mouvement lycéen, la révolte des banlieues, le mouvement contre le CPE, le mouvement contre la guerre, etc.). Mais la difficulté à lancer un nouveau parti et une nouvelle organisation de jeunesse nous obligerons peut-être à reporter la construction d’une organisation de jeunesse autonome du nouveau parti (si celui-ci se construit). Nous devons définir ce qui ne doit pas être jeté avec l’eau du bain, à savoir la structuration spécifique des jeunes, dans un cadre autonome. Le congrès des JCR a formulé des propositions concrètes en cinq points : 1) Des réunions entre jeunes, de la base au sommet, une structure nationale de coordination. 2) Des décisions autonomes des jeunes, un matériel décidé par ceux-ci, un journal. 3) Les jeunes de la structure jeune peuvent ou non appartenir aussi au parti. 4) Double sigle, du parti et de la structure jeune, sur tout le matériel. 5) De forts liens entre structure jeune et parti, avec des participations croisées aux instances des organisations.

La forme précise, la nature (organisation de jeunesse ou secteur jeune autonome) dépendront en réalité de l’ampleur du processus, de la différence entre le nombre de jeunes prêts à rejoindre cette structure avec ceux qui étaient organisés auparavant au JCR ou autour d’eux.

Une campagne dans la jeunesse

L’objectif de la campagne jeune est de convaincre, largement au-delà de nos propres rangs, des idées fondamentales que nous défendons. Il existe un réel potentiel mais, en même temps, pour que cela se réalise réellement, nous aurons à développer une campagne solide, sur la durée. Cette campagne doit démarrer dès la rentrée, pour profiter de l’écho de notre courant suite aux élections et pour lier cette campagne à la nécessité de construire les luttes.

Il est capital que cette campagne soit prise en charge le plus largement, par les JCR, la LCR, les groupes jeunes de la LCR. Nous devons utiliser les vacances pour nous mettre d’accord.

La campagne pourrait se mettre en place autour de trois axes. L’idée est de les formuler de manière très « grand angle », qu’ils puissent être abordables par des jeunes peu politisés, mais permettent de beaucoup discuter sur le fond et de donner un aperçu des questions fondamentales.

1. Comment en finir avec cette société :

Comment renverser le capitalisme, la lutte des classes, les expériences révolutionnaires, le rôle de l’Etat, de la propriété privée, revendications transitoires…

2. Militer pour changer les choses :

Quelle campagne et mobilisations contre le gouvernement (campagne politique, mobilisation contre l’autonomie des facs…), militer au quotidien, se former, syndicalisme, mouvement contre la guerre…

3. Lutter contre les oppressions :

Oppressions et capitalisme. Rôle de la jeunesse, organisation autonome de la jeunesse. Lutte des femmes, non-mixité. Antiracisme. Luttes LGBT.

L’objectif est d’utiliser ces débats pour convaincre le maximum de jeunes sur des positions proches de celles de notre courant : l’objectif de construire une nouvelle force n’est pas d’avoir quelque chose de plus flou sur le fond, mais d’avoir une organisation significativement plus implantée dans la jeunesse, en particulier dans les milieux populaires, et qui ne soit pas liée à une seule tradition politique du trotskisme. Il faudrait être capable de développer dans le même temps une série de publications (brochures, textes classiques, analyses…) pour alimenter les discussions.

Agenda :

À nouveau, l’objectif est d’être capables de démarrer la campagne au plus tôt, en septembre. La LCR devrait prendre des initiatives pendant les vacances et en particulier à son université d’été : ce sera le déclencheur pour nous. Il faut aller au plus vite pour plusieurs raisons. La première est qu’il faut profiter de notre écho actuel, suite aux élections. La deuxième est qu’il faut éviter de commencer cette campagne trop tard, pendant les élections municipales, car cela donnerait à nouveau un profil très électoral(iste ?) à cette campagne. La troisième est qu’il faut lier cette campagne avec la nécessité, au plus tôt, de mobilisations contre le gouvernement. La quatrième est que c’est aux jeunes de se prendre en charge pour que cette campagne se mette en place, sinon nous retomberons dans les habitudes de notre courant que la jeunesse passe au deuxième plan.

Cet été, au camp international et à l’université d’été : discussions et adoption d’un appel jeune reprenant les éléments fondamentaux de l’appel (à venir) de la LCR pour un nouveau parti et lui donnant une dimension jeune.

Septembre-octobre : réunions locales dans le maximum de villes.

Novembre : première réunion nationale.

Décembre : congrès de la LCR.

Ensuite : Deuxième phase du processus si la LCR choisit de construire un nouveau parti. On peut imaginer une deuxième phase de réunions locales et une nouvelle réunion nationale vers avril, avant les examens.

Antoine (Jussieu)