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Qu’est-ce que la classe ouvrière ?

mercredi 10 janvier 2007, par JCR-RED

On reproche souvent à notre courant politique de ne pas être ancré dans la classe ouvrière, du fait de notre faible implantation dans le monde du travail industriel et manuel.

Cette idée se base sur une vision réductrice, trop souvent répandue de ce qu’est le prolétariat : il faudrait « travailler à la chaîne » pour en faire partie. S’il est vrai qu’autrefois la classe ouvrière était identifiée par les seuls travailleurs industriels, les évolutions qu’elle a connu tendent à l’effacement de cette figure sociale en tant que classe sociale aux intérêts communs.
Adopter cette définition exclue toute une partie des travailleurs, les professions dites intermédiaires, de la lutte de la classe ouvrière en les assimilant à une « classe moyenne » aux intérêts différents de ceux de la classe ouvrière au sens originel.

Il faut se rendre compte que le réel antagonisme ne se situe pas entre ouvriers et salariés du tertiaire, ou entre ouvriers et techniciens qualifiés, mais entre exploités et exploiteurs, entre ceux qui vendent leur force de travail et ceux qui possèdent les moyens de production.

Même si la classe ouvrière a connu de profonds changements, il existe toujours entre les travailleurs une communauté d’intérêts : elle est fondée sur la position de dépendance au travail. Cela fait du prolétariat le seul groupe social à pouvoir fédérer la population contre le capitalisme.

Les derniers jours de la classe ouvrière ?

L’idée de la disparition de la classe ouvrière ne s’est pas développée toute seule. Elle est d’abord issue de faits objectifs. La classe ouvrière a connu des profonds changements, tels que le développement du secteur tertiaire, l’augmentation du niveau de formation générale, le renforcement et la diversification du droit du travail ; des frontières autrefois clairement identifiables deviennent moins visibles. Mais au-delà de cela, cette thèse étant reprise en boucle par les médias de manière diffuse, elle s’imprime facilement dans les esprits et facilite le morcellement de la classe ouvrière : les uns ne reconnaissant pas aux autres le statut de « vrais travailleurs », les autres ne revendiquant pas leur appartenance à une classe.

Malgré l’existence de l’oppression commune à tous les travailleurs, cette division entraîne des difficultés dans la construction de la conscience de classe et sert ainsi l’oppression des travailleurs par la classe dominante. Pourtant, l’oppression des travailleurs est bien réelle, la majorité subissant par exemple les mêmes problèmes de chômage et de précarité. Il existe donc un intérêt commun à tous les travailleurs. La concrétisation de cet intérêt, à savoir le renversement du système capitaliste et l’émancipation des travailleurs, passe par l’unité de la classe ouvrière dans son ensemble, dans sa lutte contre la classe dirigeante.

La force qui transformera la société

La classe ouvrière est la seule à pouvoir changer la société. D’abord parce qu’elle est la seule a y avoir intérêt : la bourgeoisie fonde en grande partie son pouvoir sur l’exploitation des travailleurs, contraints à vendre leur force de travail pour survivre. Cela devient de plus en plus évident, à mesure que se développe la mondialisation qui permet une augmentation des profits par une diminution considérable du coût du travail (salaires, cotisations sociales...). En effet, la mondialisation, tout en augmentant la précarité dans les pays développés, ne met pas fin à l’exploitation des pays pauvres. Cette situation ne pourra pas être renversée par une série de réformes, si radicales soient-elles, puisque l’un des fondements les plus important de la société capitaliste consiste en l’exploitation des travailleurs, ainsi que par leur mise en concurrence (hommes/femmes, français/immigrés...).

De plus, la classe ouvrière constitue la classe la plus massive de la population à l’échelle mondiale. Par son rôle dans le système capitaliste de production, la classe ouvrière possède un pouvoir subversif énorme. Ainsi, comme l’action collective est une nécessité dans la lutte pour l’augmentation des salaires ou l’amélioration des conditions de travail, l’unité de toute la classe est nécessaire contre le système capitaliste et la bourgeoisie.

Parce qu’elle est exploitée, parce qu’elle est la plus nombreuse, parce qu’elle est internationale, par son rôle primordial dans le système de production capitaliste, c’est de la classe ouvrière que viendra le changement par la révolution !

Bien que le prolétariat possède les moyens de renverser son oppression, nous sommes encore loin de la situation de radicalisation qui pourrait le permettre. La plupart des travailleurs n’ont pas le sentiment d’appartenir à une classe aux intérêts communs et, malgré des mouvements ponctuels massifs, la majorité n’est pas convaincue de la nécessité d’une lutte globale au quotidien contre la société capitaliste au service de la bourgeoisie.

Fanny et Marie, [Metz]

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