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10 millions d’Européens dans le noir... Au courant ?

mercredi 10 janvier 2007, par JCR-RED

La panne d’électricité du 4 novembre, n’est pas due au hasard. Elle révèle l’impasse à laquelle mène la privatisation de l’énergie. Le groupe allemand d’électricité et de gaz EON avait programmé la déconnexion d’une de ses lignes à très haute tension, à une heure donnée, pour permettre à un navire de rejoindre la mer du Nord. EON est une très grosse entreprise : 36 milliards d’euros de chiffre d’affaires au premier semestre de cette année, et 2,8 milliards de bénéfice net. Au moment de la déconnexion, le fonctionnement du réseau européen tournait à plein, du fait d’échanges importants d’électricité entre l’est et l’ouest de l’Europe. Les gestionnaires de réseau du transport de l’électricité ont alors été obligés de répartir la pénurie, du nord au sud de l’Europe. Le courant a été progressivement rétabli au cours des deux heures suivantes.

Pas la première et sûrement pas la dernière

La cause de cette panne : le manque d’entretien des installations jugées peu rentables.
Les parcs d’installations électriques vieillissent et les grandes compagnies ne souhaitent pas les moderniser, trop occupées à amasser des profits. Les patrons de ces groupes prétendent disposer d’une solution : diviser le secteur de l’énergie entre ceux qui la produisent, ceux qui la transportent et ceux qui la distribuent.

Cette division existe déjà dans une série de pays, comme en Scandinavie, en Italie, en Espagne ou en Grande-Bretagne. Elle multiplie les centres de profits et ne favorise pas les nécessaires investissements. La division des activités a sa part de responsabilité dans l’augmentation des prix observée ces derniers temps à travers l’Europe. Elle fait perdre au secteur de la production électrique les revenus qui provenaient du transit électrique, lorsque le producteur se sépare de ses filiales de transport et distribution. Avec l’ouverture du marché, les opérateurs électriques jouent chacun pour soi. Chaque opérateur maintient une production tendue en multipliant les risques et en négligeant l’intérêt général.

Contre le démantèlement des entreprises de service public.

Seul un service 100% public de l’énergie, de sa production à sa distribution en passant par son transport, dans un monopole, permet de garantir l’accès de tous, sans coupure, à l’énergie.

Pendant ce temps, l’UMP vote la privatisation de GDF et l’ouverture totale du marché aux usagers pour 2007, pour une fusion de GDF avec Suez, pour la création d’une entreprise privée de l’énergie qui concurrencerait EDF…

Sofiane, [Jussieu]