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Sélection à l’université : organiser la riposte !

vendredi 12 janvier 2007, par JCR-RED

La commission dite « Université - emploi » commanditée par le gouvernement après le CPE a rendu ses travaux. Un des rapports qui en ressortent, le rapport Goulard, projette la pré-inscription des futurs étudiants dès le mois de février 2007. Il veut mettre les facs en concurrence pour « capter » les meilleurs lycéens. Cela renforcera la hiérarchisation des facs dans la suite du LMD.

Au mois de mars de l’année de terminale, une commission d’orientation élargie « aux représentants des universités de l’académie et des représentants des milieux sociaux professionnels » (p. 18 rapport Hetzel, qui ressort aussi de la Commission) se réunira pour se prononcer sur « la pertinence des vœux de l’élève. » Il s’agira d’introduire la pertinence « économique » dans le choix d’orientation.

A la fac, afin de limiter les « situations d’échec, » la commission préconise notamment de rendre obligatoire un « module projet professionnel » (p. 23). Lors d’un « entretien d’orientation » (p. 19), l’étudiant pourra se voir proposer la réorientation hors de l’université. Il s’agit de les décourager, pour les amener là où les entreprises interviennent directement dans les cursus.

Le rapport Hetzel sous-entend aussi la hausse des frais d’inscription et la sélection à l’entrée du master. Il doit être possible de « diversifier les frais de scolarité en fonction de l’avancement de l’étudiant dans ses études » par exemple en « préconisant une évolution des droits d’inscription pour le niveau Master. »

C’est vers la privatisation de l’université que l’on se dirige, avec une attribution des moyens « en fonction des résultats obtenus par l’université en matière d’insertion professionnelle. » Pour compléter les besoins, le rapport veut « rendre plus systématique la participation financière des entreprises à certains programmes d’enseignement et de recherche » (p. 38). Le développement du financement privé est donc encouragé, afin que le patronat puisse définir les priorités de formation et de recherches universitaires, et par là même en tirer un bénéfice (résultats des travaux de recherche…).

La commission prépare aussi la généralisation des stages dans tous les cursus universitaires : il faut « valoriser, encadrer les stages et prévoir un stage obligatoire dans chaque cursus, y compris dans les licences généralistes. » Rien de surprenant à cela : le patronat a un double intérêt à la mise en place de stages dans les cursus, avec une main d’œuvre quasi-gratuite et un outil d’influence sur le contenu des diplômes.

Benko [Rennes]