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Big Brother high school

vendredi 12 janvier 2007, par JCR-RED

Depuis ces dernières années, la répression dans les lycées et collèges est devenue le quotidien des élèves. Le 6 janvier 2005, où la police avait effectué une descente dans 1200 établissements, marque le point de départ de nombreuses mesures visant au contrôle permanent des jeunes scolarisés. Bien que cela ne date pas d’aujourd’hui, car en 1993, Bayrou qui était alors ministre de l’éducation nationale, avait déjà proposé une étroite coopération entre la police et les proviseurs…

La loi d’orientation et de programme pour l’école, autrement dit loi la loi Fillon, promulguée le 23 avril 2005 contient de nombreux articles visant à instaurer un climat sécuritaire de plus en plus fort.

Sois jeune et tais-toi !

Ainsi l’article 32 met en place la « note de vie scolaire » pour tous les collégiens, une note comptant pour le Brevet. Les syndicats enseignants, la fcpe et beaucoup d’autres dénoncent cette mesure, qui aujourd’hui sème la confusion dans tous les établissements. Il ne s’agit pas d’une note de conduite mais plutôt d’une note de « morale ». Certains ont décidé de ne pas noter, d’autre de mettre 20, ou bien de mettre la moyenne des autres résultats… Doivent être pris en compte l’assiduité et le respect du règlement intérieur. Pour De Robien cette mesure s’inscrit dans l’acquisition du « socle commun de connaissances et de compétences ». « La nation fixe comme mission première à l’école de faire partager aux élèves les valeurs de la république », voilà un des fondements de la loi Fillon. Ainsi dès l’âge de 11 ans, on nous apprend à être de bons petits citoyens obéissants, connaissant le prix à payer si jamais on ne rentre pas dans les bonnes cases.

La répression version 3e millénaire

En septembre 2006, 61 établissements avaient déjà mis en place un système de contrôle biométrique pour l’entrée ou pour la cantine, et 25 autres le prévoyaient pour les mois à venir. Un vrai business, car le coût de ces machines va jusqu’à 20 000 euros. La société Zalix experte dans ce domaine peut se réjouir, des dizaines de nouvelles demandes sont désormais faîtes chaque mois ! Et malheur à ceux qui protestent et se mobilisent ; 3 étudiants ont ainsi écopé de 9000 euros d’amende et de 3 mois de prison avec sursis pour avoir détruit une de ces machines…

Et à Nîmes, au lycée Albert Camus, pour « lutter contre l’absentéisme », un système de codes barre a été mis en place, un par élève. Les professeurs sont munis d’un stylo optique et, lors de l’appel, ils « scannent » les absents. L’ordinateur central reçoit alors les « données » et un sms est automatiquement envoyé aux parents des absentéistes. Et cela pour « améliorer le suivi individualisé des élèves » selon le proviseur…Ce système, « Coba », va être mis en place dans 20 établissements d’ici la fin du mois, pour la modique somme de 30 000 euros !

Pour la tête du concours de vidéo surveillance, le lycée Jean Rostand de Mantes la Jolie, avec 104 caméras ! La grande majorité des collèges et lycées en sont désormais munis, ce qui ne choque plus personne…

La police nous protège…même à l’école !

Le policier référent par établissement, ce n’est pas encore partout, mais c’est pour bientôt. Déjà plusieurs centaines de bahuts ont mis en place un système de coopération étroite avec la police ou la gendarmerie, à l’initiative des proviseurs et des conseils généraux. Durant les derniers mois des dizaines d’arrestations d’élèves ont eu lieu dans leur bahut, pour des faits s’étant déroulé au sein même des établissements. Parfois pour une bagarre dans la cour de récréation d’un collège…

On peut aujourd’hui parler d’éducation à la répression…Pour nos gouvernants, l’école est un outil pour nous rendre docile, pour nous apprendre l’obéissance. Ainsi à « notre entrée dans le monde du travail » nous serons près pour accepter les pires conditions, les plus bas salaires, sans jamais nous révolter ! En bref une main d’œuvre parfaite pour les patrons…

Nous ne le dirons jamais assez, du fric pour étudier, pas pour se faire réprimer !

Pauline, [Saint-Denis]