Jeunesses Communistes Révolutionnaires

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Interview d’un syndicaliste irakien

vendredi 12 janvier 2007, par JCR-RED

MUAYAD AHMED est membre de la direction de la Fédération des Conseils Ouvriers et Syndicats en Irak (FWCUI). Il en est l’un des fondateurs, en 2003, après la chute du régime de Saddam Hussein. Il vit aujourd’hui en Angleterre, et retourne plusieurs mois par an en Irak pour participer à la construction de sa centrale syndicale.

RED : Peux-tu nous présenter ton syndicat ?

Muayad : En 2003, le pays est dévasté par la guerre. Ses infrastructures sont détruites et le chômage atteint 70% de la population. L’Union des Chômeurs en Irak (UUI) est créée d’abord, elle donnera naissance ensuite à la FWCUI. Des mouvements importants de chômeurs s’organisent rapidement, du mois de juillet au 10 août 2003, un sitting a lieu devant le Republic Palace à Bagdad, l’ancien palais de Saddam et aujourd’hui le lieu de villégiature des troupes d’occupation.

Les revendications deviennent rapidement très radicales, les délégués élus exigent une indemnité de chômage de 200 dollars par chômeur et par mois, ce qui équivaut à un salaire décent par rapport à ce que gagnent les travailleurs salariés.

Le gouvernement d’occupation n’a pas cédé, mais le mouvement ouvrier a commencé à se réorganiser. Des grèves importantes ont eu lieu depuis dans les secteurs du pétrole, de l’électricité, du textile, de la construction, des transports et de l’ingénierie mécanique. Aujourd’hui la FWCUI revendique 36 000 syndiqués.

En décembre 2003 a eu lieu le congrès fondateur de la FWCUI, rassemblant les délégués élus de chômeurs et de salariés. Une plate-forme a été adoptée, jetant les bases d’un syndicalisme indépendant de l’État et des troupes d’occupation, sans discriminations religieuses ou ethniques. Le syndicat organise les travailleurs sur la base de la défense de leurs intérêts de classe. Il prépare un changement de système et combat pour le départ des troupes afin de permettre l’autodétermination du peuple et l’organisation de la société par les travailleurs eux-mêmes.

Le gouvernement d’occupation Irakien est soutenu par Bush et Blair, la solidarité des travailleurs et des organisations progressistes du monde entier nous est essentielle pour continuer notre combat pour l’égalité et la liberté.

Propos recueillis par Romain, [94]