Jeunesses Communistes Révolutionnaires

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Homos, bi, trans, hétéros... L’égalité des droits : maintenant !

lundi 26 mars 2007, par JCR Metz

Tous les ans, au mois de juin, c’est le retour des marches des fiertés lesbienne, gaie, bi et transgenre (LGBT). En marchant ensemble nous commémorons un événement majeur : la révolte de Stonewall de la fin juin 1969, où à New-York, les homosexuels et les transexuels affrontent la police dans de violents combats de rue afin de stopper les brimades et la répression. C’est aussi un cadre collectif qui permet d’affirmer l’existence des LGBT, sans craindre les insultes et les coups. C’est l’occasion de manifester toutes et tous ensemble contre l’oppression, pour l’égalité.

La fierté est le seul antidote à la honte ! Quel-le jeune LGBT ne se heurte pas à la difficulté de s’assumer, d’apprendre à se vivre comme il-elle est ? Quel-le adulte n’a jamais vécu la difficulté permanente de s’affirmerdans sa famille, dans la rue, au boulot ? Aucun sans doute. C’est pour ça que nous avons besoin d’une initiative comme la marche pour briser la chape de plomb individuelle et collective que représente l’homophobie. De l’enfance au troisième âge, on nous renvoie des messages négatifs : cela va du langage (les mots qui servent à désigner les LGBT sont les pires insultes) au rejet par la famille en passant par les menaces de violence physique et les difficultés dans le monde du travail. Revendiquer de la fierté ce n’est pas une manifestation d’orgueil communautaire, c’est prendre le contre-pied de la place à laquelle la société nous assigne.

Maintenant il y a le PACS et des boîtes gays. Tout le monde est contre l’homophobie, même Chirac (initiateur d’une haute autorité bidon contre les discriminations), même mon voisin (qui ne conduit pas « comme un pédé ») parce qu’ils n’ont rien contre « ces gens-là »...Mais cette tolérance de facade cache mal les insultes, les violences et les lois discriminatoires. Les « tolérés » sont maintenus dans leur statut de citoyen de seconde zone ! Qu’elle soit raffinée, insidieuse ou franche, l’homophobie est toujours très présente et ses conséquences sont très concrètes : les personnes homosexuelles se suicident treize fois plus que les personnes hétérosexuelles de même âge et de même condition sociale (Libération, 4 mars 2005). Sans compter les insultes et les agressions. Cette homophobie quotidienne trouve sa légitimité dans la loi (interdiction du mariage, de la parentalité,...) et dans les propos de tous ceux qui, de Ségolène Royal à Christine Boutin refuse l’égalité au nom de l’ordre « symbolique » ou « naturel ».

L’égalité, tout de suite ! Rien sinon l’homophobie ne justifie que l’on remette toujours à plus tard cette question. L’égalité des droits est un principe non négociable. Accès au mariage, à l’adotion et à la procréation médicalement assisté, mise en place d’un programme de lutte contre les discriminations homohobes dans les écoles et dans les entreprises, droit d’asile pour les LGBT menacés... Voilà ce qui est à l’ordre du jour, maintenant et pas en 2007 ! Pour combattre l’homophobie sur tous les fronts et gagner l’égalité, il va falloir lutter. Unissons-nous, organisons-nous...


Nous voulons choisir de ne pas nous marier !

Nous revendiquons le droit au mariage pour les couples homosexuels. Pour autant le mariage ne nous fait pas rêver nous lui préferons de loin, l’union libre. Pour nous si le mariage est le pilier de quelquechose, c’est de cette société réactionnaire. Il véhicule une vision figée, autoritaire des rapports entre individus et entre parents et enfants. Mais défendre une société où les rapports humains échapperaient à toute notion de “propriété” n’est pas contradictoire avec la lutte immédiate et indispensable pour le droit des homosexuels d’avoir le choix de se marier... ou pas. Ce n’est pas à Villepin ou à Boutin, c’est à nous de décider de ne pas nous marier !


SIDA : les labos en vivent, les malades en crèvent !

8000 personnes meurent chaque jours à cause du Sida, c’est à dire 1 personne toutes les 10 secondes. Le nombre de mort en Afrique a dépassé 20 millions. Pendant ce temps un traitement par trithérapies continue de coûter en moyenne 750 € par mois, difficile donc de se soigner. Les laboratoires pharmaceutiques Glaxo ont gagné autant que le PIB du Tchad soit 1,6 milliards de $ en 2000 grâce à la vente de médicament anti-VIH. Mais les labos refusent la production de génériques car ça remettrait en cause leurs profits. Bernard Lemoine, directeur du Syndicat National de l’Industrie Pharmaceutique, a expliqué : “Personne ne demande à Renault de donner des voitures à ceux qui n’en ont pas !” Quel cynisme...

Nos vies valent plus que leurs profits ! Contre le sida la seule solution c’est de s’attaquer à la propriété, c’est la mise sous contrôle public des labos et le développement de la prévention qui passe par la gratuité des capotes et des digues dentaires !


A qui profitent les normes ?

Pourquoi avoir les cheveux courts empêcherait-il d’être une femme ? Pourquoi un homme ne pourrait-il pas mettre de jupe ? Pourquoi « enculé », « pédé », seraient-ils des insultes, et pas « hétéro » ? Pourquoi les lesbiennes seraient-elles frustrées ou frigides ? Pourquoi un homme qui se sent femme ne pourrait-il pas le devenir ?

Encore aujourd’hui, nombreux sont ceux qui nous répondent que tout cela est naturel. Avoir tel ou tel sexe biologique suffirait à définir notre place et notre rôle dans la société, nos orientations affectives et nos pratiques sexuelles. À côté de l’hétérosexualité naturelle, il y aurait juste une minorité de malades et de déviants... Mais plusieurs décennies de combats féministes et d’affirmation des homosexuels ont balayés ces fameuses évidences. Notre place dans la société comme notre sexualité ne sont pas innées, elles sont construites socialement.

Dès la petite enfance on apprend de quel sexe on est ou plutôt de quel genre (masculin ou féminin). On n’apprend pas les différences de fonctionnement biologique mais tout un tas de trucs : une image, un rôle auxquels il vaut mieux se conformer. Il s’agit des attitudes à adopter, du langage à tenir, des désirs à avoir qui bien sûr diffèrent totalement entre un garçon et une fille. Cela commence avec la layette bleue ou rose, avec les jouets : petites voitures ou poupées sans parler du kit de la petite ménagère. Un garçon doit être gourmand, tumultueux et bagarreur, tandis qu’une fille se doit d’être gentille, timide et propre. Tout manquement à ses règles est immédiatement sanctionné par l’entourage, les parents comme les copains. Les premières insultes arrivent : « tapette », « garçon manqué »... Ainsi élevé avec le caractère de chaque genre bien en place, on apprend aussi que les deux sexes sont obligatoirement complémentaires. L’hétérosexisme a fait son entrée...

La famille patriarcale est le pilier de cette société. Elle permet de reproduire l’ordre social en donnant les règles qu’on se doit de suivre. Elle joue un rôle fondamental dans l’apprentissage des genres. Ce modèle du couple hétéro, procréateur (le papa, la maman, les enfants et la cuisine intégrée) constitue une norme qu’on s’y conforme ou non. La mère travaille peut-être mais elle doit se sentir responsable des enfants et du ménage. Le père quant à lui doit faire vivre le foyer, jouer au foot le dimanche et regarder les films d’action à la télé. Pour la stabilité de la société l’école, le travail, les Églises font également perdurer ces normes qui nous conduisent ou nous obligent à nous identifier à des genres : l’homme viril ou la femme douce et séduisante. Cela nous empêche d’exprimer notre personnalité comme individu indépendamment de notre sexe. Tout ce fonctionnement sert à légitimer une société où la famille doit procréer, les hommes contrôler la société et la production tandis que les femmes sont contraintes à s’occuper des enfants. Ce système patriarcal et hétérocentré ne laisse évidemment aucune place aux relations homosexuelles, il ne fait que les nier et les réprimer.

Le culte de l’hétéronormalité ne peut que conduire à l’oppression des personnes lesbiennes, gaies, bis et trans. Il y a toujours les gens normaux (hétéros) donc il y a aussi les anormaux (homos). C’est toujours aux même de se définir, d’expliquer leurs orientations sexuelles. A-t-on déjà demandé à un hétéro pourquoi il était hétéro ? Quel problème il avait eu avec ses parents dans l’enfance pour devenir hétéro ?...

Révolution...Sexuelle et sociale ! Le modèle de la famille patriarcale reste au centre du fonctionnement économique et idéologique de notre société. Le combat pour l’égalité des droits et l’émancipation des LGBT est donc très politique. Notre volonté de vivre nos relations affectives et notre sexualité selon nos désirs, pour notre plaisir rentre en contradiction avec les normes et le capitalisme. Lutter contre l’homophobie, c’est lutter pour l’égalité des droits, pour s’affirmer fièrement aujourd’hui. Mais c’est aussi lutter pour une société sans genre, une société sans obligation de se définir comme homo ou hétéro. Lutter pour l’émancipation des LGBT, c’est lutter pour l’émancipation de toutes et tous, c’est lutter pour changer de société. Pas de révolution sexuelle sans révolution sociale, pas de révolution sociale sans révolution sexuelle !


Qui sommes-nous ?

Le combat pour l’émancipation des LGBT est parti prenante du combat révolutionnaire des militant-e-s de la LCR et des JCR. Nous luttons dans la perspective d’une société débarrassée de l’exploitation que nous impose une minorité de patrons et d’actionnaires et de toutes les oppressions (racisme, sexisme, homophobie...). Sans attendre le grand soir, nous voulons contribuer à la prise de conscience collective de notre force, à construire et animer les mobilisations sociales (la lutte récente contre le CPE et la précarité en est la preuve) afin que l’espoir change de camp ! Pour participer aux 23° Rencontres Internationales de Jeunes (organisées par les JCR et des camarades de toutes l’Europe, début août) ou à l’Université d’été de la LCR (fin août), contactez-nous !

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