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Israà« l : le nettoyage ethnique à visage humain ?

mardi 8 mai 2007, par RED

Sous la pression politique et
économique des pays occidentaux
et d’Israël, les organisations
politiques palestiniennes
Fatah et Hamas ont
mis en place un gouvernement d’union nationale.
Le gouvernement précédent, issu du
Hamas, pourtant démocratiquement élu par
la population palestinienne, faisait en effet
l’objet d’un boycott total aux conséquences
dramatiques pour les Palestiniens. D’où la
décision du Hamas d’accepter une alliance
avec certains dirigeants du Fatah pourtant
beaucoup plus populaires à Washington que
dans les territoires palestiniens… Mais visiblement
cela ne suffit pas encore : Israël
refuse tout contact avec le nouveau gouvernement
tandis que les États-Unis et l’Union
européenne font leur marché en son sein,
en choisissant les ministres avec lesquels ils
acceptent de discuter et en boycottant les
Ministres du Hamas. Motif invoqué :
le Hamas n’a pas « renoncé à la
violence » et ne « reconnaît pas les
Accords de paix » antérieurs.

Un vice-premier ministre d’extrême-droite

Si l’on s’en tient aux arguments
« démocratiques » avancés par
la « communauté internationale
 », que dire alors de la présence
au sein du gouvernement
israélien d’Avigdor Lieberman,
homme politique ouvertement
raciste et d’extrême-droite, au
poste de Vice-Premier Ministre
et « Ministre aux Menaces stratégiques
 » ? Lieberman, leader du
parti Israël Beitenou, a rejoint le
gouvernement Olmert en octobre
2006, dans la plus grande indifférence
des pays occidentaux. Et
pourtant…

Lieberman s’est rendu célèbre
pour ses propositions les plus
« radicales » : bombarder les centres
commerciaux, les banques et les stations
essence de Cisjordanie et de Gaza (mars
2002), expulser tous les Palestiniens d’Israël
qui refuseraient de prêter un serment
de loyauté à l’État juif (juin 2002), noyer
les prisonniers politiques palestiniens
dans la Mer morte (juillet 2003), exécuter
les députés palestiniens à la Knesset qui
ont des contacts avec le Hamas ou qui
ont commémoré l’expulsion de 1948 (mai
2006)… Avant son entrée au gouvernement
il déclarait même : « Je suis tout à fait
favorable à la démocratie mais lorsqu’il y a
contradiction entre les valeurs démocratiques
et les valeurs juives, les valeurs juives
et sionistes sont prépondérantes » (entretien
au journal HaZofeh, septembre 2006).

Et au-delà de ces déclarations, Lieberman
n’a jamais caché qu’il avait un projet très
clair pour régler
la question palestinienne
 : nettoyage
ethnique
et constitution
de cantons. Dès
2001, il proposait
de constituer
quatre cantons
en Cisjordanie,
hermétiquement
fermés, dans lesquels
seraient
regroupés les
Palestiniens. Plus
récemment, il a
agrémenté ce projet d’une solution pour
les Palestiniens d’Israël, qui sont plus d’un
million. Il propose d’en déplacer la grande
majorité pour les regrouper eux aussi dans
des zones hermétiquement fermées, autoadministrées.
Ainsi verrait le jour
un « État juif ethniquement pur »
de la Mer Méditerranée jusqu’au
Jourdain, abritant en son sein des
bantoustans palestiniens. Tout
simplement.

Israël peut détruire tranquille…

On peut noter que les propositions
de Lieberman ne sont pas
très éloignées de la politique israélienne
« sur le terrain ». Ce qui
explique sans doute qu’aucun des
grands partis israéliens, y compris
le Parti Travailliste, n’ait quitté le
gouvernement après l’arrivée du
leader d’extrême-droite. Ce qui
explique aussi que la « communauté
internationale » ne s’offusque
pas de la présence de ce sinistre
individu et qu’elle n’ait fait aucun
commentaire, que ce soit du côté
de Bruxelles ou de Washington.
Les arguments qui justifient le boycott
du gouvernement palestinien
ne tiennent plus lorsqu’il s’agit d’Israël :
« Vous comprendrez que nous ne pouvons
pas interférer dans la constitution
d’un gouvernement étranger. C’est de la
seule responsabilité de l’État concerné »
(Cristina Gallach, porte-parole officielle de
Javier Solana, octobre 2006). Sauf pour les
Palestiniens. Et les Irakiens. Et…

En écrasant le Liban et la Bande de
Gaza, en asphyxiant et en annexant la
Cisjordanie, en intégrant en son sein des
éléments comme Lieberman, le gouvernement
israélien démontre probablement
qu’il a de son côté « renoncé à la violence »
et qu’il « reconnaît les Accords de paix »…
Les choses sont claires : les arguments
avancés pour justifier l’embargo sur les
Palestiniens ne sont que des prétextes, en
aucun cas ils ne s’appliquent à Israël et aux
autres alliés des pays occidentaux. Pour
Israël et les puissances qui le soutiennent,
il s’agit de mettre à genoux les Palestiniens
par tous les moyens, y compris en les
punissant lorsqu’ils élisent des dirigeants
qui refusent de capituler et de rendre les
armes. Face à l’isolement international
et aux diktats des pays impérialistes, les
Palestiniens ne peuvent compter que sur
notre soutien dans leur lutte contre le
nettoyage ethnique.

Julien, [LCR 19ème]

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