Jeunesses Communistes Révolutionnaires

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Leur insécurité : nos réponses

mardi 8 mai 2007, par RED

Ils auraient pu s’appeler Zyed et
Bouna ou Malik Oussekine... Ils
ont eu plus de chance, car leur
passage à tabac n’a pas entraîné
leur mort. Mais Charles-François
et Bachir auraient fait parti des innombrables
victimes anonymes de violences
policières si leur agression, le 3 avril près de
Rouen, n’avait pas été filmée. Ce sont des
jeunes, dont l’immeuble se trouve près du
lieu d’arrestation qui ont eu le réflexe de filmer
avec un téléphone portable. Les images
sont d’une rare violence. Un policier n’hésite
pas à monter sur le capot de sa voiture pour
mettre les coups de pied dans la tête de
sa victime. Puis, il lui saisit la tête et la
tape sur la voiture pendant huit secondes...
L’autre, menotté, est étranglé puis piétiné.
Un chien est lâché sur lui. Ignorant qu’ils
étaient filmés, les flics ont porté plainte pour
« conduite en état d’ivresse, outrages, menaces
de mort, rébellion, violences avec ITT,
non-maîtrise du véhicule. » Un des jeunes a
annoncé qu’il déposait plainte pour injures
racistes et violences.

Il faut que ça cesse !

Où est
l’insécurité
quand on
sait que ces
faits ont
lieu tous les
jours, sans
que cela
n’émeuve
personne
 ? Les syndicats
de
police ont déjà pris fait et cause pour leurs
collègues. Quant aux grands candidats à la
présidentielle, ils se sont empressés de ne
rien dire... Trop gênant pour des politiciens
tous d’accord pour renforcer les effectifs et
les pouvoirs de la police.
La seule solution pour en finir avec les
violences policières et le harcèlement systématique
des jeunes, des immigrés et des
travailleurs, c’est d’en finir avec une police
de cow-boys qui se croient tout permis.
Aujourd’hui, on compte quatre éducateurs
spécialisés pour cent flics. Non seulement
leur présence provocatrice génère des
violences, mais elle n’est pas utile pour
qui que ce soit. Tous les politiciens sont
d’accord pour « allier prévention et répression »,
mais derrière
cette
formule
démagogique,
c’est
en réalité
la seconde
option qui
est toujours
prioritaire.

Les lois
anti-délinquance passées sous la gauche
en 2002 et la droite ces cinq dernières
années, ne font qu’accroître le non droit
pour les non flics.

D’où vient la violence ?

Contrairement à ce qui est dit, ce n’est
pas la violence urbaine qui a fait partir les
services publics et les petits commerces
des quartiers populaires. C’est le contraire.
Sans aucun service de proximité, sans
aucune activité, sans perspective d’études
ou de travail, les quartiers sont laissés à
l’abandon.

La violence sociale, c’est ce parcage dans
des cités-ghettos, ce sont les licenciements,
le chômage, la précarité, les discriminations,
les flics qui viennent chercher
les gamins dans les écoles, les sanspapiers
qui vivent avec la peur au ventre
en faisant des bouleaux illégaux, car ils ne
peuvent pas être déclarés... Pas étonnant
que pour beaucoup la consommation ou le
deal de drogue soient des solutions pour
simplement ne pas péter un câble. Et l’État
est complice de ces trafics qui assurent
la paix sociale. Quand on est défoncé ou
qu’on essaye de s’en sortir seul en faisant
son business, on ne se révolte pas contre
la société capitaliste.

Notre solution à la prétendue « insécurité
 », c’est le développement des services
publics, la créations massive de postes
d’éducateurs, l’interdiction des contrats
précaires et des licenciements, la régularisation
des sans-papiers, la légalisation
des drogues, la dissolution de la BAC et
la punition effective des crimes et bavures
des flics. C’est le départ de ceux-ci des
quartiers.

JB, [Nanterre]