Jeunesses Communistes Révolutionnaires

Accueil > RED > 2007 > RED 79 - avril 2007 > Campagne > Quatre candidats pour un programme

Quatre candidats pour un programme

mardi 8 mai 2007, par RED

Quand on entend parler
les « gros candidats
 », Sarkozy, Royal,
Bayrou ou Le Pen,
on pourrait presque
croire qu’une révolution est en marche dans
la classe politique. Depuis le début de la
campagne, on entend parler de rupture...

La famille Ruptures

Dans la famille politique de la rupture,
on peut demander « le fils arriviste »,
Sarkozy, qui prône la « rupture dans la
continuité » ou la « rupture tranquille. »
Non seulement cette formule n’a aucun
sens, mais en plus où est la rupture quand
ce candidat n’est autre qu’un ex-ministre
de l’Intérieur qui vient de sévir pendant
cinq ans, à peine interrompus par un passage
aux Finances ?

Dans cette même famille de la rupture,
on a aussi « la mère », ou Ségolène Royal,
qui, elle, surenchérit en parlant de « vraie
rupture » - c’est tout de suite beaucoup
plus convaincant !- en se posant comme la
candidate de « la morale de l’action »…En
deux mots, cela veut dire : « le CPE est
mort, vive le Contrat Première Chance,
manifestons notre joie en agitant le drapeau
français ! » Ce n’est de nouveau pas
de ce côté-là que la rupture par rapport
aux politiques libérales est flagrante et
manifeste…

La famille anti-système

Bayrou et Le Pen
sont dans une autre
famille qui serait
plutôt celle de « A
mort le système,
mais pas trop. » La
première carte qu’on
a en main c’est celle
« du grand-père qui
a fait l’Algérie ». Le
Pen se présente
comme le candidat
des « petits, des obscurs,
des gavroches » mais… « Français
de souche ou d’ailleurs. » Qui mieux qu’un
milliardaire réactionnaire prônant une
politique raciste pour se poser en chevalier
blanc pour défendre l’ensemble de
la classe populaire ? En effet pour lui, on
défendrait « les sans-grades » grâce à la
totale liberté de licencier et la simplification
du code du travail !

On reçoit ensuite « le père consensuel » :
il se présente comme le candidat « d’opposition
maximale au système » (ce sont
ses mots) qui veut réconcilier gauche et
droite. Seulement, Bayrou ne sort pas de
nulle part : il a été ministre de l’éducation
sous Balladur et Juppé. Le million de personnes
qui ont manifesté en 1994 contre la
réforme de la loi Falloux, qui permettait de
financer les établissements privés avec l’argent
public, s’en souviennent. Aujourd’hui,
proposer de confier à l’université l’insertion
et la formation professionnelle, c’està-
dire continuer le
travail de sape des
précédents gouvernements,
est-ce cela
être un « révolutionnaire
tranquille » ?

Son discours gentillet
ne peut nous
tromper. Son programme
et son parcours
parlent pour
lui d’une seule voix
 : diminution drastique
des impôts touchant
les plus riches,
baisse des minima
sociaux, soumission
totale à l’Europe libérale… Bayrou ne fait
que brandir un programme de droite en
y ajoutant le masque hypocrite de la « 
social-économie »…

Rupture ou glissement ?

Puisque Bayrou et Royal le font pour
lui, Sarkozy n’a plus tellement à se faire
l’apôtre des idées de droite, il a décidé
d’être celui de celles de l’extrême droite
 : discours xénophobes, création d’un « 
ministère de l’immigration et de l’identité
nationale », chasse aux sans-papiers,
encouragement des violences policières…
Le Pen n’en cache même plus sa joie,
puisqu’il annonce, sourire aux lèvres : « Ils
jouent tous avec mes billes, mais lorsqu’on
fera le partage, mon sac sera le plus gros
 ! » Ce genre de déclarations qui nous fait
frémir ne semble pas du tout freiner les
petits pions du Front National, puisque
ceux-ci répètent encore plus fort l’erreur de
2002 : faire campagne comme si l’extrême
droite n’existait pas… Hélas, elle est bien
là, et c’est elle la grande gagnante de cette
course au nationalisme et au libéralisme…
Face à ce consensus de populistes, bien
loin de toute rupture, nous devons affirmer
que nous ne sommes pas dans le même
camp. C’est le sens du vote Besancenot :
la seule rupture politique est celle d’avec
le capitalisme.

Hélène, [Metz] et Adrien, [Lille]