Jeunesses Communistes Révolutionnaires

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Premier bilan de l’élection présidentielle

mardi 8 mai 2007, par RED

Ces dernières années, parallèlement
à une dégradation importante des
conditions de vie des jeunes et des
travailleurs, des luttes massives ont eu lieu.
Elles nous ont permis d’accumuler une expérience
militante nouvelle. Elle s’est exprimée
au premier tour par la large participation, par
le score d’Olivier Besancenot, de 10 % chez
les jeunes, et par le rejet de Sarkozy à travers
le vote Royal, mais aussi en partie pour
Bayrou. Une partie de l’électorat de gauche a
voté pour lui en croyant qu’il serait le mieux
placé pour battre Sarkozy.
Une polarisation, mais
pas d’évolution radicale
Le score élevé de l’UMP s’explique
d’abord par un transfert de voix de l’extrême
droite. Ce résultat ne reflète pas une
dégradation fondamentale du rapport de
forces entre les classes par rapport à 2002.
Il confirme qu’il existe un décalage important
entre la combativité sociale et ce qui
s’exprime au niveau politique. Il indique
bien plus un décalage à droite de la classe
politique qu’une évolution à droite de l’ensemble
de la société.

Il y a un peu plus d’un an, au début de
la révolte des banlieues et surtout après
le CPE et alors que l’affaire Clearstream
battait son plein, le gouvernement n’avait
jamais été aussi faible et le camp de la
droite était très divisé. Si elle s’en sort
aussi bien aujourd’hui, c’est parce que le
PS n’a rien voulu faire pour sérieusement
la mettre en difficulté au moment où
c’était. Sarkozy a eu tout le loisir de reprendre
l’initiative à partir d’un terrain particulièrement
favorable : celui du racisme
avec la loi CESEDA et l’accélération des
expulsions.
L’axe du débat s’est de nouveau déplacé
vers la droite et a permis à Sarkozy d’aborder
les élections sur son terrain : l’identité
nationale, la Marseillaise…

La lutte continue

Cependant, cela n’a pas suffi pour effacer
la question sociale, qui s’est invitée dans
cette campagne beaucoup plus fortement
qu’en 2002, sous l’impact des luttes de ces
dernières années.

Ces élections montrent que la volonté
de se battre existe toujours. Mais la classe
dirigeante est toujours à l’offensive et veut
aujourd’hui briser l’ensemble des acquis
sociaux. Dans le contexte actuel de la
mondialisation, de crise économique prolongée
et de concurrence internationalisée,
chaque capitalisme national essaie de
mettre un maximum de pression sur les
travailleurs. La France est relativement en
retard par rapport à ses voisins en termes
de destruction sociale. D’où la pression
très forte du MEDEF pour que le sale boulot
soit faite et bien fait.

Depuis 30 ans, nous connaissons une
offensive de plus en plus systématique
contre nos conditions de vie, d’études et
de travail. Pour stopper cette offensive,
nous devons lutter pour des mesures d’urgence.
On ne sortira de la précarité et de
la misère qu’en arrachant tout de suite
300 euros d’augmentation de salaires et
en imposant un CDI pour tous. On ne permettra
à tous les jeunes de pouvoir suivre
la formation de leur choix sans imposer
une allocation d’autonomie à hauteur du
SMIC…

Ce n’est que par la lutte que nous stopperons
l’offensive. C’est la voie à suivre
même si cela prend du temps et ne sera
pas toujours facile.