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Référendum pour une constituante en Equateur

Rafael Correa plébiscité

mardi 8 mai 2007, par RED

Comme le Venezuela et la Bolivie,
l’Equateur va à son tour procéder
à l’élaboration d’une nouvelle
constitution. Le 15 avril dernier, 3 mois
après l’élection de Rafael Correa et malgré
les tentatives de l’opposition d’empêcher le
processus de constituante en bloquant le
référendum, 81,7% des équatoriens se sont
prononcés pour la
convocation et
l’installation d’une
Assemblée constituante
aux pleins
pouvoirs chargée
d’élaborer une nouvelle
Constitution.

Parmi les grandes
orientations
du gouvernement
de Rafael Correa figurent la renégociation
des contrats avec les sociétés des secteurs
de l’électricité, des télécommunications et
surtout du pétrole, la restructuration de
la dette extérieure, le non renouvellement
de l’accord qui permet aux Etats-Unis
d’utiliser la base militaire équatorienne de
Manta et le refus d’ingérences des institutions
financières internationales.
Rafael Correa vient à ce propos de déclarer
qu’il expulserait du pays le représentant
de la Banque mondiale si une enquête
en cours confirmait qu’elle a retenu un prêt
de 100 millions de dollars en représailles à
des mesures défavorables aux multinationales
du pétrole.

Le Congrès, majoritairement hostile à
Correa et à une Assemblée constituante
qui réduirait le rôle des parlementaires
actuels, avait désavoué par un vote le président,
l’accusant de n’avoir pas respecté
les conditions prévues pour la convocation
d’un référendum. Faute de temps pour
structurer des réseaux dans les circonscriptions
régionales, la coalition Alianza
Pais (Alliance Pays) de Rafael Correa
n’avait pas présenté de candidats aux élections
législatives d’octobre 2006, elle n’a
donc aucun représentant élu au Congrès.
Le Congrès prétendait ainsi limoger le président
pour avoir convoqué le référendum
sans l’aval parlementaire.

Devant les manifestations de soutien à
Correa, le Tribunal suprême électoral a
destitué 57 des 100 députés du Congrès
permettant ainsi la tenue du référendum
et la victoire écrasante
du oui.
« C’est un triomphe
historique,
mais il faut encore
gagner de nombreuses
batailles »
a déclaré le président
Correa, qui a
invité les équatoriens
à se méfier
« des loups déguisés en agneaux » lors de
l’élection des 130 membres de l’Assemblée
constituante le 30 septembre.

En effet, Le parti de la Société Patriotique
(centre gauche, 24 députés au Congrès),
le PRIAN (Parti rénovateur institutionnel
d’action nationale, droite, 28 députés) et le
parti démocrate-chrétien présenteront des
candidats à la constituante. L’opposition
compte bien miser sur la faiblesse organisationnelle
d’Alianzia Pais pour dominer la
constituante qui sera elle aussi élue sur la
base de circonscriptions provinciales.

Une fois élus, les constituants auront
entre 180 et 240 jours pour élaborer à
la majorité absolue une nouvelle constitution.
Celle-ci devra ensuite être à son
tour approuvée par référendum, lui-même
probablement suivi de nouvelles élections
présidentielle et législatives.

Ambre, [Censier]