Jeunesses Communistes Révolutionnaires

Accueil > Brochures et textes > Brochures > Pas de guerre contre l’Irak ! > Les vraies causes de la guerre : le fric et le pétrole !

Les vraies causes de la guerre : le fric et le pétrole !

mercredi 16 mai 2007, par JCR-RED

1. Derrière les prétextes humanitaires : la dictature du profit !

Les grandes puissances impérialistes ont toujours cherché à masquer derrière des prétextes humanitaires ou progressistes leurs opérations militaires. La mondialisation capitaliste s’est accompagnée d’une recrudescence de ces opérations. Elles sont indispensables pour garantir le fonctionnement du système. Pour Thomas Friedman, journaliste du New York Times, c’est quelque chose qui tombe sous le sens : « En vérité, Mac Donald ne peut prospérer sans Mac Donnell Douglas, l’entreprise qui a conçu l’avion de combat F-15 de l’armée de l’air car le marché ne fonctionne et ne s’épanouit qu’à la condition que les droits de propriété soient garantis et protégés, ce qui exige un cadre politique lui même adossé à la force militaire. »
Voilà qui a le mérite d’être clair !

La guerre pour les capitalistes est un moyen de garantir les profits et de maintenir le « libre échange ». En pleine guerre du Viêt-Nam, 15 experts américains ont préparé un rapport affirmant que la guerre était essentielle à l’économie américaine : « il est impossible d’imaginer pour l’économie un substitut à la guerre. Aucune technique n’a été essayée qui soit de loin comparable en terme d’efficacité pour maintenir un contrôle sur l’emploi, la production et la consommation ». Le rapport défend « le gâchis des dépenses militaires » parce que « la guerre, et la guerre seule, est capable de résoudre le problème des stocks ». C’est exactement la même logique qui est à l’oeuvre aujourd’hui pour expliquer la nouvelle guerre contre l’Irak ! Le secteur militaire est un des secteurs cruciaux de la mondialisation capitaliste, bien plus que les start-up ! Aux Etats Unis, les fonds de pension et le capital financier ont joué un rôle très actif dans la restructuration de l’industrie de l’armement. Trois groupes géants ont émergé de ce mouvement de fusion et de concentration du capital (Lockheed Martin, Boeing et Raytheon). Ils bénéficient d’énormes commandes de l’Etat. Ce sont des milliards de profits que l’Etat garantit pour les constructeurs de mines anti personnel et d’engins de mort. Et chaque guerre, c’est la certitude de pouvoir « consommer » à l’infini et d’écouler des marchandises sans limite. C’est une question vitale pour le système capitaliste !

2. Contrôler les ressources de pétrole !

Dans l’économie capitaliste, l’énergie a une importance stratégique. Et notamment l’énergie fossile : le charbon, et surtout aujourd’hui, le pétrole. Pourtant, les experts économiques savent aujourd’hui que nous entrons dans le deuxième et dernier siècle pétrolier de l’humanité. On sait déjà que d’ici 10 ans, il n’y aura plus de pétrole aux Etats-Unis. C’est ce qui pousse le gouvernement états-unien à autoriser les forages en Alaska par exemple.
En fait, il y a bien une alternative : le choix le plus raisonnable serait de rompre avec la logique marchande en prenant sur les profits pour investir massivement dans la recherche sur les énergies renouvelables par exemple. Ce n’est qu’une question de choix politique : privilégier les intérêts de la majorité de la population !

Mais le choix des Etats capitalistes comme la France ou les Etats-Unis va dans l’autre sens. Ils sont soumis aux intérêts des marchés et à la dictature du profit. Et le marché et les actionnaires réclament toujours plus de fric. Pas question donc de changer d’organisation sociale et encore moins d’abandonner l’économie de marché. C’est là la logique du système capitaliste : il réclame toujours plus de profits, donc toujours plus de marchandises, donc toujours plus de matières premières au coût le plus bas possible. Il faut donc s’assurer le contrôle de l’approvisionnement en énergie.

Car si nous continuons à consommer l’énergie à ce rythme, la plupart des experts pensent qu’il n’y aura plus une goutte de pétrole sur la planète d’ici 2060 ! Il y a donc un véritable enjeu : le contrôle de la production et de l’acheminement du pétrole. C’est là l’enjeu stratégique du 21e siècle pour les pays capitalistes ! Et ce pour plusieurs raisons :

1. Le tarissement des ressources pose un problème pour les prix : plus une matières première devient rare et plus les prix grimpent. Il y a donc urgence à faire baisser les prix ! Pour cela, il faut relancer la production à plein rendement, notamment celle de l’Irak, bloquée du fait du blocus économique.

2. Dans la compétition entre les Etats capitalistes, l’Etat qui contrôle les ressources peut dicter ses conditions aux autres Etats. Pour les Etats-Unis, c’est un double enjeu :
- assurer leur indépendance énergétique au moindre coût.
- contrôler l’approvisionnement des autres pays.

Conclusion

Dans chaque conflit auquel les forces occidentales participent, on retrouve le même principe fondamental : le contrôle de la production (Venezuela, Irak,...) et de l’acheminement (Afghanistan, Géorgie, Kosovo, Colombie...) du pétrole. En ce qui concerne l’Irak, l’enjeu est très important : d’après les experts, le sol irakien constitue la deuxième réserve mondiale en hydrocarbures. Les USA et l’Europe ne peuvent donc pas se permettre d’en perdre le contrôle ! Et pour ce contrôle, ils sont prêts à provoquer de nouveaux massacres et de nouvelles catastrophes pour tous les peuples de la région !
Les offensives militaires des pays impérialistes ont aussi une fonction politique démonstrative envers les peuples du globe. Le sort du peuple irakien est une façon de montrer concrètement ce qui attend ceux qui refusent l’ordre impérial du capital. La guerre contre l’Irak n’est qu’une étape et d’autres conflits peuvent être engagés dans d’autres régions instables. En 1999, le président Clinton affirmait à propos des interventions américaines : « on peut le faire maintenant ou alors demain, et si c’est nécessaire, nous pouvons le faire aussi bien en Afrique qu’en Europe occidentale. » A chaque fois, c’est un véritable terrorisme de masse que subissent les populations et qui détruit l’économie locale pour plusieurs dizaines d’années. Deux économistes de la défense américaine expliquent mieux que quiconque quel est l’enjeu véritable des conflits actuels : « une disparité accrue(…) dans la répartition au niveau du revenu entre les nations(…) pourrait engendrer des révolutions au prochain millénaire, car l’absence de tout espoir provoque la violence… Ces révolutions pourraient interrompre l’approvisionnement en ressources naturelles en provenance des pays d’Afrique ou d’Asie qui en sont richement dotés » (Sandler et Hartley, Politique économique de l’OTAN).
Ces révolutions qu’ils craignent… à nous de les préparer dès maintenant pour faire en sorte que le système capitaliste n’en réchappe pas !

3. La guerre sociale

Une opération de guerre, même dans un pays lointain, à toujours des objectifs et des conséquences à l’intérieur des pays agresseurs. En appelant à une « Union sacrée » contre un ennemi, qu’il soit « le terrorisme » ou « le Mal », on tente de faire passer les intérêts d’une nation (en réalité de ceux qui la domine, les grands patrons) devant les intérêts des classes sociales : pendant les guerres, les gouvernements et les médias passent leur temps à expliquer qu’il n’est pas « raisonnable » de revendiquer plus d’argent pour les écoles ou de lutter contre les licenciements.

La guerre est le meilleur outil pour culpabiliser les mouvements sociaux. Mais pendant ce temps, les gouvernements, eux, n’oublient pas que la guerre sociale existe et qu’ils ont à y défendre l’intérêt des puissants. Pendant la guerre en Afghanistan, ce sont au moins 200 000 emplois qui ont été supprimés dans l’aéronautique. En France, le gouvernement Jospin en a profité pour adopter les lois les plus répressives, notamment contre les immigrés, avec le Plan Vigipirate renforcé et la Loi sur la Sécurité Quotidienne.

Aujourd’hui, alors que la guerre menace, le gouvernement CRS (Chirac, Raffarin, Sarkozy !) veut accélérer l’offensive sécuritaire, avec un nouveau projet de loi. Et, en même temps, il veut démarrer la privatisation de services publics (EDF-GDF…). Il diminue les effectifs en surveillants, fait des cadeaux fiscaux aux patrons avec les « contrats jeunes », attaque les droits des femmes (diminution des possibilités d’avortement en raison de l’état des hôpitaux…), diminue la rémunération des heures supplémentaires, etc.
Autrement dit, si le patronat et le gouvernement veulent nous faire oublier nos conditions de vie, de travail et d’études et nous empêcher de revendiquer, lui, il n’oublie pas ses réformes ! Toutes ces attaques ont pour fonction de nous faire payer la facture de la guerre (eh oui, curieusement, quand on construit des porte-avions, le budget de l’éducation baisse et on refuse de rembourser l’ensemble des médicaments !). La guerre se fait toujours contre les pauvres, pour le seul profit des riches ! A nous de lui montrer que nous ne sommes pas dupes, que nous sommes prêts à défendre nos acquis sociaux et à en gagner de nouveau !