Jeunesses Communistes Révolutionnaires

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Changer le monde !

lundi 21 mai 2007, par JCR-RED

La société capitaliste est pourrie.
Le racisme est partout, il y a des milliards d’individus qui se font exploiter pour les intérêts d’une minorité, il y a des guerres aux quatre coins du monde pour défendre les profits de la même minorité, notre mode de production actuel risque de mettre en péril jusqu’à l’existence même de l’espèce humaine à cause de la destruction de l’environnement...

Face à ce système, les JCR et la LCR pensent que la révolution est le seul moyen de faire réellement évoluer la situation dans le sens de la jeunesse et des travailleurs. Nous pensons qu’il n’y a rien à garder dans le système actuel.
Pourtant, nos adversaires nous opposent une série de reproches. Nous répondrons donc dans un premier temps à ces attaques, puis, nous reviendrons sur la façon et le but à atteindre par la révolution sociale.

1. La nature humaine

C’est l’un des principaux reproches fait à notre projet de société :
"Le socialisme ne marchera jamais, on ne peut pas changer la nature humaine".

Cette argument a été utilisé de tous temps pour justifier l’oppression d’une catégorie de la population sur une autre. Les femmes seraient naturellement différentes des hommes, il apparaîtrait donc comme normal qu’elles ne soient pas au même niveau. Cela serait dans la nature humaine de se battre, et c’est ce qui justifie les guerres impérialistes aux quatre coins du monde. Les noirs étaient considérés comme naturellement inférieurs aux blancs, et c’est ce qui justifiait l’esclavage et la traite négrière.

Pourtant, cette question de la nature humaine n’a rien de naturelle. Ce qui est naturel pour l’espèce humaine, c’est de boire, de manger, de respirer, d’avoir des contacts sociaux ou affectifs, etc.

La preuve en est que la notion de "naturel" varie nettement selon les sociétés. Pour l’indien américain, la propriété privée de la terre était totalement contre nature, alors que pour le propriétaire foncier du 18è siècle, c’était l’un des droits de l’homme les plus fondamentaux. Pour les Grecs de l’antiquité, l’homosexualité était la forme la plus élevée de l’amour, tandis que pour l’homme anglais de l’époque victorienne, c’était la plus basse.
Quand on change les conditions sociales, on change cette nature humaine. Ce facteur est donc en perpétuelle évolution.

L’argument le plus utilisé dans ce domaine reste le caractère égoïste de l’homme.
Mais c’est dans la société actuelle qu’on ne nous laisses pas d’autre choix. Tout nous pousse à écraser les autres et à jouer le jeu de la concurrence, à l’école comme au travail, pour soi-même s’en sortir.
Prenons l’exemple du mouvement anti-CPE du printemps 2006. La conscience des étudiants mobilisés était radicalement différente. C’était l’entraide, et il était possible de laisser seules ses affaires dans l’amphi d’une assemblée générale en étant sur les retrouver à son retour, ce qui est moins sur en temps normal.
Dans un grève, la conscience des gens évolue. On se radicalise sur un point précis, mais en poussant plus loin l’argumentation et la confrontation de ses idées, on est amené à se poser des questions plus globales. On acquiert ainsi une meilleure compréhension de la société et de ce qu’il faut faire pour la changer.

En réalité, la révolution est la seule force qui permette de briser la machine capitaliste et les normes de "nature humaine" qui vont avec, mais c’est aussi le processus par lequel les masse se transforment et deviennent capables de gérer la société en apprenant par la lutte à fonctionner de manière collective et solidaire.

2. Réforme... ou révolution !?

C’est une autre des questions qui reviennent souvent. Pourquoi vouloir tout renverser alors qu’on pourrait se contenter de réformer le système actuel pas à pas ?

Si l’on commence par étudier l’histoire du monde actuel, aucun acquis social ou politique majeur n’a été gagné par autre chose qu’une révolution ou une situation proche.
Les révolutions sont inévitables car la domination d’une classe sur une autre classe ne peut pas être éliminée par de simples réformes. L’esclavage n’a pas été aboli par des réformes. La monarchie absolue n’a pas été abolie par des réformes. Il a fallu des révolutions pour les éliminer.

Les acquis les plus importants de la classe ouvrière l’ont été dans ce type de situation, où la classe dirigeante qui risquait de tout perdre a préféré lâcher beaucoup. C’est ainsi que nous avons gagné les congés payés en 1936, la sécurité sociale et les nationalisations en 1945, des augmentations de salaire monumentales en 1968.

L’élément suivant vient de la nature même de l’état. L’état n’est pas, contrairement à ce qu’on veut nous faire croire, une structure faite pour représenter la population. C’est un outil pour maintenir la domination d’une classe sur une autre.
Pour maintenir cet ordre social, l’état dispose de tous les moyens de répression (police, justice, armée...). C’est cet appareil de répression qui garantit les intérêts de la classe dominante. Jamais la police n’interviendra dans une grève pour réprimer le patronat, aussi juste que puisse être le motif de la grève.

Quel que soit les votes, on a aucun vrai contrôle sur le parlement, alors que le patronat en a à profusion, et ils n’hésitent pas à s’en servir contre nous. C’est pour cette raison que nous voulons renverser l’état pour mettre en place un pouvoir contrôlé par la base. C’est ça la révolution, remplacer le pouvoir d’une minorité qui écrase une majorité par le pouvoir de la majorité.

3. La violence

On reproche aussi très souvent aux révolutionnaires la question de la violence.

Pourtant, c’est aujourd’hui que nous subissons la violence au quotidien. Violences policières (200 assassinats depuis 1979), torture, morts dus aux conditions de travail (5000 par an), licenciements massifs, refus de soigner les malades du sida... C’est la société actuelle qui est violente.

On cherche à nous habituer à cette violence, et quand certains, comme les révolutionnaires, veulent stopper ça, on les accuse en retour de violence. Durant la révolte des quartiers populaires de novembre 2005, qu’est ce qui était le plus violent ? Les voitures qui brulent... ou la répression, les contrôles au faciès, les arrestations arbitraires... ?

En réalité, le principe même de la révolution sociale étant qu’une majorité travailleuse impose sa volonté à une minorité qui décide, celle-ci a très peu de chance d’entraîner un bain de sang. Dans l’histoire, aucune révolution n’a débuté par des actes de violences de la part des révolutionnaires.

Cependant, si la classe ouvrière n’use pas de la force nécessaire au moment décisif, elle s’expose à la violence incommensurablement plus grande de la répression capitaliste. Ainsi, à la fin de la Commune de Paris de 1871, 30000 communards furent massacrés en quelques jours. Les contre-révolutions fascistes en Italie, en Allemagne, en Espagne, ont coûté la vie à des millions de personnes. Les coups d’état en Indonésie en 1965, au Chili en 1973 et en Turquie en 1980 montrent les mêmes caractéristiques de base. Dans tous ces cas, le fait d’échouer à réaliser la révolution est puni par une guerre civile d’une violence et d’une barbarie effroyables.

4. Comment renverser l’état et la propriété privée ?

1. L’élément déterminant pour contrer les attaques de la classe dirigeante et pour imposer nos revendications, c’est l’unité. Nous avons besoin, pour imposer un rapport de force suffisant, d’une unité qui soit la plus large possible et qui nous permette de nous battre tous ensemble.

C’est pour l’élaboration de ce front unique que nous nous adressons à toutes les organisation du mouvement social quand il s’agit de lutter sur des questions précises Parce que ce n’est que unis qu’in pourra contrer les offensives de la bourgeoisie et inverser le rapport de force.

Cette unité d’action, faite autour de questions précises, permet de convaincre les gens de lutter. Et c’est par l’action qu’ils évoluent et se convainquent que les questions sont plus larges et qu’il faut changer le système en profondeur.

2. Dans des élections, les révolutionnaires ne se présentent pas en disant "Votez pour nous, votez pour la révolution". Nous l’affirmons clairement, mais nous défendons un programme d’urgence qui est une série de revendications qui permettent de répondre aux problèmes vitaux du quotidien et qui implique de remettre en cause le fonctionnement de la société pour les mettre en place.

L’exemple de la revendication d’interdiction des licenciements l’illustre bien : il s’agit d’une remise en cause de la toute puissance du patronat sur la gestion des entreprises et l’organisation de la production.

3. Mais pour réussir à imposer l’ensemble de ces revendications, nous sommes bien conscients qu’il faudra un mouvement de masse de la jeunesse et des travailleurs, une grève générale. Si on prend l’exemple du mouvement contre le CPE, c’est la proximité de la grève générale qui a fait céder le gouvernement. Malgré tout, nous n’avons pas réussi à mettre un coup d’arrêt à cette politique. La grève générale reste la seul moyen d’imposer réellement nos choix.

4. Pour que nos luttes soient victorieuses et qu’elles débouchent sur une autre organisation de la société, il ne suffit pas quelles soient massives. Elles doivent être organisées et contrôlées par tous ceux qui la mènent. C’est l’auto-organisation. Quand on se réunit en assemblées générales, nous sommes tous sur un pied d’égalité. Il n’y a pas seulement ceux qui ont l’habitude, les syndiqués, mais chaque personnes a les moyens d’intervenir, de convaincre ou d’être convaincu, et c’est l’inverse du fonctionnement actuel de la société où il y a toujours quelqu’un pour prendre les décisions à notre place.

Cette question préfigure le modèle de société que nous voulons construire, où tout est décidé et contrôlé par la base.

5. Quelle autre société ?

Personne ne peut dire quel sera le fonctionnement précis d’une future société socialiste. Pourtant, en s’appuyant sur notre vécu et sur les expériences historiques, on peut en voir les grandes lignes.

Dans les différentes mobilisations, nous nous organisons en assemblées générales, en coordinations. C’est ce fonctionnement démocratique qui pour nous doit fournir les bases du fonctionnement de la société.

Dans les entreprises, que ce soit les salariés eux-même qui décident, en lien avec les consommateurs, du fonctionnement de la boite et de l’organisation de la production.

Dans les écoles, que comme pendant la révolution russe, l’administration, le fonctionnement quotidien et les contenus pédagogiques soient gérés collectivement par les enseignants, les élèves et des habitants. A cette époque, tous les élèves âgés de plus de 12 ans pouvaient participer aux décisions.
Les notes, les devoirs à la maison, les redoublements étaient interdits et le droit pour les élèves de répondre aux profs était garanti par la loi...

Conclusion

Face à nous, la classe dirigeante est armée jusqu’aux dents. Elle a dans son camp tous les organes de répression : l’état, la justice, l’armée, la police...
Pour résister et imposer notre projet de société, nous devrons nous organiser collectivement, confronter nos expériences et avoir une stratégie claire pour le changement de la société.

Si l’on reprend encore une fois l’exemple du mouvement anti-CPE, en nous organisant collectivement, nous avons réussi à augmenter la pression jusqu’à faire céder le gouvernement, mais quand avons arrêté de nous battre, les attaques ont repris de plus belle.
S’organiser politiquement, c’est refaire ce que nous avons fait pendant ce mouvement, mais tous les jours. C’est résister aux attaques et se battre pour changer le monde au quotidien.
C’est ce que proposent les JCR.

Adrien [Jussieu]