Jeunesses Communistes Révolutionnaires

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Bilan

mardi 12 juin 2007, par JCR-RED

Au dernier Congrès, certains axes de la situation politique s’étaient dessinés. L’attaque contre l’Irak était annoncée. En France, le gouvernement CRS lançait l’offensive contre les jeunes et les salariés. Dans l’élan de la campagne Besancenot et des manifs anti-Le Pen, l’extrême gauche occupait une position nouvelle. Les JCR voyaient un afflux de nouveaux militants.
Deux ans après, malgré des difficultés liés à la résistance des peuples, les impérialistes maintiennent leur domination en Irak, en Palestine, en Afghanistan, Côte-d’Ivoire, Haïti… En France, les réformes antisociales s’accumulent mais les luttes du monde du travail ne connaissent pas de succès majeur. Les directions réformistes portent une responsabilité écrasante dans ces échecs, refusant de lancer les luttes et refusant de se confronter avec la bourgeoisie.
Cependant, les travailleurs et les jeunes cherchent des moyens de lutter : le FSE de Paris a été un succès, et il a été capable d’impulser des FS dans plusieurs villes, qui ont été un point d’appui dans la construction de comités sécu par exemple. Le mouvement anti-guerre, encore faible au dernier congrès, est un mouvement qui s’est inscrit dans la durée. Cette expérience est essentielle car elle montre que, même si sa direction réelle/formelle reste aux mains des réformistes, il est aujourd’hui possible pour l’extrême gauche d’impulser des mobilisations importantes et de se proposer comme direction aux luttes.
Cependant, malgré notre investissement dans beaucoup de luttes déterminantes ces deux dernières années, les effectifs de l’organisation n’ont pas progressé, ils se sont même légèrement tassés (chiffres). Deux facteurs principaux peuvent l’expliquer : l’accumulation de défaites n’encourage pas les jeunes à rejoindre les organisations révolutionnaires et nous avons des difficultés à articuler construction des mobilisations et apparition des JCR.

I. Intervention dans les mobilisations

Nous avons en général bien analysé les mouvements et nous nous y sommes investis sérieusement, même si nous avons parfois été en retard (mobilisations anti-guerre, étudiantes, ou contre la loi Chirac-Ferry). C’est pourquoi il peut sembler paradoxal que les mouvements des facs ou le mouvement anti-guerre par exemple ne nous aient pas permis de plus nous construire. Il y a donc un bilan à tirer de la façon dont nous nous sommes investis, pour mieux réussir cette articulation.

1. L’intervention dans les mobilisations

a. Mobilisations internationalistes

Du G8 au Forum social européen de Londres, les échéances ont été nombreuses : manifestations du 5 mars et du 20 mars 2003 contre la guerre en Irak, FSE de St Denis, 15 février 2003, manifestations du 20 mars et du 5 juin 2004. Globalement, nous avons participé à ces mobilisations par la construction de collectifs locaux contre la mondialisation capitaliste et/ou contre la guerre et par l’intervention dans les manifestations. Nous avons poussé à la mobilisation large et unitaire dans ces collectifs, tout en défendant nos idées révolutionnaires et des mots d’ordre pour faire avancer le mouvement (indépendance par rapport à l’ONU, nécessité de se confronter à la police dans les contre-sommets…).
Nous avons participé, à des niveaux d’intervention très différents, à la construction de divers cadres de coordination, notamment Agir Contre la Guerre et dans une moindre mesure au réseau Intergalactique. Nous pouvons donc avoir un rôle essentiel dans la construction des mobilisations, dans une période où les organisations réformistes ne souhaitent pas les construire.
Le principal succès du réseau intergalactique a été le village intergalactique (VIG) qui a réuni plusieurs milliers de jeunes lors du G8 d’Evian. Mais le réseau s’est cantonné à l’organisation d’espace alternatifs en ne faisant pas une priorité de l’unité la plus large et des mobilisations de masse dirigées contre le pouvoir. De plus, il a été réticent à intervenir sur la question de la guerre. Lors du FSE de Paris-St Denis, il s’est en partie coupé de l’évènement en organisant le GLAD en marge des activités centrales du FSE.

Formulation 1 :
ACG a pris progressivement une place déterminante dans le mouvement anti-guerre en France. Son élargissement géographique, les succès du conert du 14 mars (1500 personnes à l’Elysée-Montmatre), de la manifestation du 20 mars et de celle du 5 juin, montrent qu’ACG est devenu un élément incontournable dans le mouvement anti-guerre en France, lui permettant notamment de perdurer après la chute de Bagdad.
Formulation 2 :
ACG a obtenu des résultats importants : construction et auto-organisation du mouvement contre la guerre, manifestation du 5 juin…ACG est un réseau qui a une capacité d’action très importante dans la jeunesse, mais nous n’avons pas été capables d’en faire un outil pour l’unité et l’auto-organisation des mobilisations internationales. C’est cependant un outil fondamental pour construire le mouvement contre la guerre, lui donner des mots d’ordre justes, le faire perdurer après la prise de Bagdad, etc.

En ce qui concerne l’apparition propre, notre matériel a été adapté à ces mobilisations (montrer que cette société n’est pas réformable ; expliquer le lien entre guerre sociale et guerre militaire ; montrer que c’est dans les mobilisations sociales, les grèves, que l’on modifie le rapport de force…), mais nous avons des difficultés à articuler construction des cadres de masses et de l’organisation politique.

b. Mouvements étudiants

Le mouvement de cet automne a été le plus important depuis celui de 1995. Nous y sommes intervenu de manière unitaire et combative, ce qui a été révélé par la coordination de Villetaneuse, où nous avons polarisé la gauche de la coordination, tout en ayant une légitimité importante auprès de l’ensemble des délégués. Notre bonne connaissance des réformes, le travail syndical national et local ont payé. Mais nous avons été en retard dans les initiatives à prendre : convocation d’une coordination nationale, blocage de certaines universités pour étendre la mobilisation… Toutes les sections n’ont pas pu peser dans ce mouvement et c’est essentiellement l’intervention dans l’UNEF qui a été payante.
Au printemps 2003, des mobilisations sont apparues dans plusieurs universités et lycées, mais nous n’avons pas réussi à articuler cette intervention avec la mobilisation contre la guerre. Cela nous a fait rater une occasion importante.
Nous avons appris de ces deux mouvements la nécessité du blocage pour massifier la mobilisation localement et l’étendre aux facs voisines. Nous avons appris la nécessité d’une coordination nationale le plus rapidement possible pour coordonner les luttes, ainsi que l’importance d’une plate-forme de revendication pour l’ensemble des étudiants.

c. Elections régionales et européennes

Nous avons relayé la campagne LO-LCR dans la jeunesse avec un matériel et des axes qui nous permettaient d’être entendus par les jeunes et de faire le lien avec les mobilisations. Des meetings ont été réalisés sur plusieurs facs, avec des succès inégaux (importants à Toulouse, St Denis et Nanterre, faibles dans beaucoup d’autres). Mais si nos idées ont un écho positif, nous avons été victimes du peu d’intérêt pour ces élections.
Nous avons eu une difficulté importante, malgré des positions de principe justes, à articuler mobilisations et élections, c’est-à-dire à faire de la campagne électorale un outil pour construire les luttes tout en impliquant nos contacts dans la campagne. Cela n’aurait ni augmenté significativement le score des listes dans la jeunesse, ni permis de reproduire ce qui s’est passé à la présidentielle avec le doublement de l’organisation, mais cela aurait amélioré notre efficacité durant le deuxième semestre.

d. Répression, racisme

Les mobilisations contre le racisme et la répression policière restent limitées. Nous sommes intervenus de façon dispersée, selon les réalités locales. Un des moments importants a été la loi Cherry-Firrac. Nous avons eu énormément de mal à intervenir de façon concrète sur cette question, nous avons passé trop de temps à discuter entre nous, mais, là où nous sommes intervenus de façon offensive (tables sur les lycées, accroche devant les lycées et dans les rassemblements), nous avons eu des contacts avec des centaines de lycéens et lycéennes. Malheureusement, la mobilisation ne s’est pas étendue.

2. Bilan global

Les mobilisations de ces deux dernières années montrent une nouvelle place pour notre organisation. Nous sommes de plus en plus souvent la seule force à vouloir que des mobilisations élémentaires aient lieu. Nous avons une énorme responsabilité dans la construction des mobilisations, dans leur structuration. Nous ne sommes plus cantonnés à un rôle d’opposition, nous pouvons même forcer les directions réformistes à intervenir (par exemple, pour le 5 juin 2004, à Paris, les initiatives prises par ACG ont permis que la plupart des organisations appellent à manifester).
Globalement, notre intervention se caractérise par des retards dans les initiatives à prendre (guerre, loi sur le voile, mouvement étudiant…) et par des difficultés à définir une politique nationale précise (quels mots d’ordre nous portons, quelles échéances nous soutenons de façon importante…). C’est du notamment aux difficultés à discuter rapidement de notre orientation dans l’ensemble de l’organisation.
Par ailleurs, nous avons des faiblesses importantes sur certains thèmes lutte contre l’oppression des LGBT, féminisme, luttes écologistes. Même si sur ces deux dernières questions, c’est en grande partie lié à la quasi absence de mobilisation de la jeunesse sur ces questions. Nous en sommes souvent réduits à insérer ces questions dans le matériel, sans avoir d’intervention de masse. Quelques expériences ont été positives (intervention écologiste sur les marées noires, ou dans les sommets altermondialistes ; féminisme dans le cadre syndical ; intervention à peu près régulières aux marches des fiertés…) mais restent limitées. Ce qui nous fait défaut est principalement l’inexistence de cadres de masses unitaires et combatifs sur ces questions, et nous sommes réduits à les aborder par le biais syndical et l’apparition propre.
Cependant, nous n’avons pas été déconnecté des préoccupations essentielles des jeunes. Et, malgré les retards et le manque de précision politique, nous avons défendu des orientations à peu prêts cohérentes et en phase avec les enjeux des luttes : construction, auto-organisation, mots d’ordre combatifs.

3. L’apparition propre

C’est le deuxième volet de notre intervention dans une mobilisation : convaincre le plus de personnes possible que la question sur laquelle elles sont mobilisées ne peut recevoir de réponse dans le système capitaliste. Nous avons eu plus de mal à faire ce travail : le nombre de mobilisations auxquelles nous avons participé auraient pu nous permettre de plus nous construire. Il y a donc eu un défaut d’apparition propre.
Nous avons réussi à faire du FSE 2003 une échéance centrale pour l’ensemble de l’organisation et à coordoner l’activité de l’ensemble des camarades sur tous les sites. Le journal, le tract en deux langues et l’accroche auprès des jeunes nous ont permis de diffuser largement nos idées. Mais, dans le mouvement anti-guerre, nous avons négligé l’apparition propre et les mots d’ordre de l’organisation.
Nous n’avons pas toujours pensé notre intervention comme celle d’une organisation, mais plutôt comme celle d’individus, qui par ailleurs, étaient organisés. Lors du G8, cela a entraîné un manque de cohésion et des débats parfois tendus, étant donné que nous avions mobilisé dans des cadres différents.
Cela nous a surtout handicapé pour gagner de nouveaux militants : il était difficile d’expliquer aux jeunes autour de nous que les JCR défendent des mots d’ordre précis, parce qu’ils luttent contre le capitalisme.

II. Construction et intervention régulière

1. Construction

L’organisation connaît des difficultés de construction. On le voit en particulier quand on compare le nombre de cotisants au dernier congrès et à celui-ci. Nous n’avons pas su garder dans l’organisation une partie des jeunes qui y sont entrés autour de la campagne des présidentielles de 2002. En particulier, nous n’avons pas réussi à organiser la formation et la prise en charge d’une activité par ceux ci. Lorsque nous y sommes parvenus, c’est parce que nous avons immédiatement impliqué les nouveaux militants dans l’activité, dans le travail de masse et fourni une formation politique élémentaire rapide.
Cependant, le bilan de la construction n’est pas seulement négatif. Depuis le dernier congrès, deux sections ont disparu (Lyon et Cherbourg, même si des liens sont conservés avec des camarades à Lyon) ; quatre sont en difficulté (Aix-Marseille, Rouen, Poitiers, Lille) et cinq sections ou lieux d’intervention se sont créés (Le Mans, Limoges, Albi, Strasbourg, Salon-de-Provence). De plus, le bilan est loin de démontrer l’inéficacité de l’organisation de jeunesse : au niveau des groupes jeunes de la LCR que nous suivons régulièrement, le bilan n’est pas spécialement meilleur (quasi disparition à Dijon et Nancy, construction à Montpellier et Avignon, maintien à Angers, Grenoble, Clermont). Et, par contre, nous avons un rôle positif dans la centralisation de l’intervention des groupes jeunes de la LCR dans l’acticité syndicale, anti-guerre et dans les échéances nationales et internationales.
De plus, la disparition de deux sections n’est pas seulement liée à des désaccords ou difficultés des JCR, elle est aussi liée au débat dans notre courant sur les tactiques électorales (en particulier à Cherbourg).
En revanche, nous connaissons des crises régulières dans notre manière de débattre (discussion sur le G8, sur le mouvement anti-guerre, sur la loi sur le voile,…). Ces discussions ont souvent été des batailles de fraction plus que des discussions constructives : les différentes sensibilités ont plus recherché à démontrer par la pratique leur politique (affrontement entre ACG et le réseau intergalactique au G8 par exemple) plutôt que de rechercher l’homogénéité politique entre les différentes sections et les différentes sensibilités. Le compromis ou la discipline ne sont pas toujours possibles ni souhaitables, mais nous devons nous fixer comme objectif de discuter des desaccords (et éventuellement de tracnher) avant de les exprimer à l’extérieur de l’organisation. Nous devons aussi organiser le fonctionnement collectif de l’organisation y compris sur les points qui font désaccord (modalités de discussion, compromis, objectifs communs,…).

2. Syndicalisme

Notre courant politique intervient dans Sud sur seize syndicats (Avignon, Besançon, Bordeaux, Brest, Caen, Le Havre, Lille, Lyon, Metz, Montpellier, Toulouse, Tours, Paris 1, 3, 4 et 8). Dans l’Unef sur vingt-et-une AGE (Albi, Aix/Marseille, Caen, Chambéry, Grenoble, Montpellier, Nancy, Orléans, Rennes, Rouen, Strasbourg, Toulouse, Paris 1, 3, 5, 6, 7, 8, 10, 13 et VSQ). De plus dans l’Unef nous avons, par le biais de la Tendance Tous Ensemble, une influence dans quatre AGE supplémentaires (Amiens, Le Mans, Limoges, Perpignan).
La structuration de notre intervention a reculé, les liens sont faibles entre les différentes villes. C’est dans l’Unef, à travers la TTE, que nous parvenons le plus à mettre en place un travail national et à nous former. Suite au mouvement étudiant, nous commençons à débattre de notre intervention dans Sud et à y défendre une orientation.
Nous intervenons sur de nombreuses questions (féminisme, guerre) en plus de l’activité élémentaire. Mais, parallèlement, nous avons eu des difficultés à trouver les axes d’intervention justes au deuxième semestre, ce qui a entraîné une diminution de l’activité. Nous essayons de réaliser un travail commun dans les deux syndicats, notamment grâce à la mise en place d’un secrétariat étudiant permanent. Nous devons continuer ce travail, construire des équipes localement, nous former sur les questions de base et tendre à l’unité syndicale, en partant de ce qui nous uni : l’auto-organisation et la volonté d’aller jusqu’au bout.

3. Lycées

Une intervention régulière dans les lycées nous permet de recruter à l’organisation des militants jeunes qui vont y rester plusieurs années. Nous sommes une des rares organisations à essayer de structurer les lycéens. Les lycéens ont des problèmes spécifiques et un potentiel de mobilisation important (en 98 : 500 000 lycéens descendent dans la rue, en 99 : 300 000).
Ces deux dernières années, nous avons eu du mal à réunir des commissions lycéennes régulières, avec des étudiants pour aider à faire des topos et à rédiger des bulletins. C’est pourtant ce type d’activité qui permet de discuter avec des lycéens, d’avoir une légitimité et, parfois, de lancer des mobilisations. Mais les mouvements contre les exclusions à la rentrée 2003, sur les moyens et contre la guerre nous ont permis de nous réinvestir sérieusement sur les lycées.
Il y a eu des mobilisatiosn sur les questions de budget, de suppression d’option ou de classe, comme sur le bassin de Cergy (95) et au Kremlin-Bicêtre (94). Malgré l’investissement de camarades dans ces grèves ou mouvements, nous n’avons pas été capable de jouer notre rôle d’organisation, c’est-à-dire de centraliser l’information et de la redescendre à l’ensemble des camarades afin de leur donner des billes pour étendre le mouvement.

4. Jeunes travailleurs

Ces deux dernières années, nous avons eu une activité en direction des jeunes travailleurs, mais elle reste irrégulière et très limitée.
Il y a eu l’intervention sur les FJT (à Bordeaux), et sur les CFA (essentiellement sur le 92 mais aussi sur la RP de manière très irrégulière). Nous n’avons pas été capables de cenrtraliser les lieux ou nous pourrions avoir une intervention en direction des jeunes travailleurs ni même le nombre de travailleurs dans l’organisation. Par conséquent, nous n’avons pas réussi à dévellopper cette intervention sur de nouveaux sites. Cependant, nous avons réussi à sortir quelques bulletins nationaux en direction des jeunes travailleurs (le « précaire déchaîné »). Nous avons, de plus, essayé d’être présent sur les luttes des précaires.
Alors que notre organisation compte de nombreux MI/SE et AE, nous avons encore du mal à nous coordonner nationalement et à avoir une politique d’ensemble (par exemple, pendant le mouvement). C’est ce à quoi nous devons tendre ces prochaines années.

5. Formation, structuration

Même s’il reste du chemin à faire, nous commençons à prendre en charge la formation sur tous les sujets historiques et actuels.
-  Au plan local, des stages de formations (à Montpellier en juin 2004 et à Dunkerque en août 2004).
-  Au plan national avec les différents stages qui ont eu lieu, réunissant une cinquantaine de participants (février 2003, août 2003 et janvier 2004). Il y a eu 140 participants aux « 3 jours pour changer de monde » en juin 2004.
C’est un élément très positif, qui a participé de la consolidation l’organisation, même si nous avons du mal à produire des comptes-rendus et que la formation locale est très inégale. Nous avons encore du mal à systématiser la lecture de certains livres ou textes.
Au niveau de la structuration de l’organisation, nous avons des difficultés : pendant les périodes de mouvement, il est encore plus nécessaire que d’habitude de se réunir, mais, parfois, nous n’y arrivons pas. Toutes les sections n’ont pas de direction de ville, et les directions nationales sont inégalement peuplées, ce qui nuie à la cohérence de l’organisation et à la qualité de débat.

6. Journal, brochures, bulletins nationaux et trésoreries

RED est de plus en plus pris en charge par un comité de rédaction qui ne se réduit plus au Bureau National, qui réfléchit au sommaire en fonction de l’actualité. Néanmoins, nous avons toujours des difficultés à envisager le journal comme un outil essentiel pour nous former et nous tourner vers l’extérieur. Ainsi, il reste globalement peu vendu et l’argent n’est pas sérieusement centralisé.
Nous avons sorti cinq brochures (Palestine, Guerre, Sécuritaire, Qui sommes-nous ? et Black Power) qui ont été des outils pour approfondir les discussions autour de nous.
Un bulletin national hebdomadaire parait depuis plus d’un an sur la liste interne même s’il est peu ou pas repris. Cependant, certaines sections utilisent certains articles, pour compléter leurs tracts. Mais chaque section a du mal à faire profiter l’ensemble de l’organisation de ses tracts (sauf la RP et Bordeaux). Nous arrivons à avoir une revue de presse hebdomadaire.
Au niveau des trésoreries, les cotisations ou le fait de payer le journal ou les brochures ne doit pas être vu comme une contrainte, mais comme ce qui nous permet de continuer à sortir le journal, les tracts, les affiches et autocollants, acheter de la colle, etc. Bref, c’est cet argent et uniquement celui-ci qui nous permet de mener correctement notre activité. Nous devons être plus sérieux de manière à arriver à notre autonomie financière, chaque cercle doit se doter d’un trésorier.

7. Liens avec la LCR.

Les relations avec la LCR sont en demi teintes. Au niveau local, sauf exceptions, les relations sont plutôt bonnes (y compris sur des villes où il existe des désaccords politiques ou une histoire mouvementée (Strasbourg, Angers, Grenoble, Montpellier…). C’est le cas dans les relations entre les sections locales des JCR et de la LCR ainsi qu’entre la direction nationale des JCR et les sections locales de la LCR. En particulier, des progrès ont été réalisés dans l’intervention commune avec les groupes jeunes de la LCR.
Les relations avec la direction nationale de la LCR ont été plus mouvementées. Cela a été notamment le cas sur des discussions sur le G8 d’Evian et la loi sur le voile. Sur ces thèmes, nos interventions ont été discutées collectivement et n’ont pas été contradictoires, mais ont été largement différentes et sources de tensions. Un certain sectarisme s’est développé dans la LCR et dans les JCR sur ces questions. Ce sectarisme est sans fondement, puisqu’il s’agissait essentiellement de questions tactiques et ponctuelles. Nous devons tout faire pour que ce sectarisme disparaisse.
Par ailleurs, nous avons régulièrement proposé des discussions entre le BN ou le DN des JCR et la direction de la LCR, en particulier sur ces thèmes. Malheureusement, les camarades n’y ont que peu répondu. Les relations habituelles entre l’organisation de jeunesse et le parti sont maintenue : l’organisation de jeunesse doit faire régulièrement ses preuves auprès de la Ligue et exercer une pression pour que les questions jeunes soient une priorité et discutées sérieusement…

III. Difficultés à formuler une politique

1. Un bilan contrasté

a. Une organisation en phase avec les préoccupations des jeunes

Nous avons participé activement aux mobilisations, en prenant des initiatives qui nous ont été à gagner une influence importante. L’orientation que nous défendons rencontre un écho important dans les luttes, et nous gagnons de nouveaux militants, même si cela reste en deça des possibilités.
Les mobilisations que nous avons construites, que ce soit contre la guerre, contre la loi Chirac Ferry, pour nos conditions d’études sur les lycées ou sur les facs nous ont permis d’avoir un milieu de plus en plus large. Il suffit de comparer nos listes de contact par rapport à la période d’avant l’entre deux tour.
Cette intervention, en phase avec les luttes des jeunes, et la mise en place de formations régulières nous ont permis de faire un saut qualitatif incontestable. Nous avons progressé dans l’analyse de la situation politique et de nos tâches et sommes intervenus sur l’essentiel.

b. Des difficultés à capitaliser

Nous avons du mal à progresser depuis le doublement de l’organisation constaté au dernier congrès. De plus, alors que nous sommes une des seules organisations politiques à faire un travail régulier dans la jeunesse, nous avons des difficultés à recruter.
Il y a notamment une difficulté à organiser les discussions sur la situation politique et nos tâches dans toute l’organisation, en associant les plus jeunes. Cela a manqué de nombreuses fois lorsqu’il faut avoir une compréhension commune, qui seule peut permettre de déterminer nos priorités et nos orientations.
Les difficultés à stabiliser les endroits où nous sommes présents ont aussi rendu plus difficile un élargissement géographique de l’organisation. Les militants ou contacts proches isolés sont peu ou pas gérés pour le moment. Notre difficulté à capitaliser vient aussi de notre manque de politique sur la moyenne durée. Pour gagner des jeunes, il faut être capables de leur montrer ce qui nous semble important comme activité sur le mois ou les deux mois à venir, en expliquant les luttes à développer et ce que nous devons dire, en tant que révolutionnaires. Si nous ne sommes pas capables de donner cette vision d’ensemble, les contacts ne peuvent qu’être découragés ou passer leur temps à nous courir après sans comprendre la logique de notre orientation, quand il y en a une. Le renforcement des discussions à l’échelle nationale, en particulier grâce à la DN doit nous y aider

c. Des difficultés à avoir une orientation cohérente

Nous avons du mal à avoir une politique nationale dans les mobilisations ou en terme de choix de priorités. Ainsi, par exemple, d’une ville à l’autre, il y avait des disparités, des incompréhensions, des choix différents (parfois même au sein d’une même ville). Cela n’est pas grave en soit. Ce qui est plus problématique, c’est que nous avons manqué de discussions politiques collectives ou, en tous les cas, elles n’ont pas permis d’avoir une appréciation globale de la période. Ce qui nous aurait permis de dégager des objectifs communs. Cela est aussi dû à une période où les évènements évoluent vite et où les lignes de clivages avec le reste du mouvement ouvrier évoluent. Dans cette période, nous n’avons pas recherché en permanence à mettre en place une orientation cohérente des différentes sensibilités de l’organisation, chaque section ou sensibilité a essayé de fonctionner dans son coin. La réalité, c’est qu’un tel fonctionnement n’est pas durable : il ne permet pas de comprendre les débats qui traversent les jeunes et d’avoir une vision nationale des choses. A chaque fois que des désaccords existent, même si cela abouti à des confrontations, il est nécessaire de prendre le temps de discuter précisément de nos désaccords et des éventuelles façons de les dépasser.
Cela ne rend que plus indispensable de prendre le temps de débattre pour définir une orientation et des priorités d’action communes.
La direction politique, la DN, a subit en premier lieu ces difficultés, puisqu’elle n’a pas été capable d’entraîner l’ensemble de l’organisation sur une politique commune. La DN a été plus une somme de représentants de sections qu’une véritable direction politique collective, où on élabore une orientation.

d. Articulations

Une de nos faiblesses principales est de ne pas arriver à avoir une politique d’ensemble qui articule les différentes questions sur lesquelles il est juste d’intervenir : difficulté à articuler travail de masse et travail propre, différentes thématiques… C’est là-dessus que nous devons travailler dans la prochaine période. Il doit y avoir une cohérence entre tous ces aspects : c’est notre orientation. C’est-à-dire ce que nous pensons qui est prioritaire pour les jeunes en terme de luttes et comment les construire, ainsi que le lien avec le changement de société. Dans tous les cadres où nous intervenons, nous pouvons défendre cette politique, dans le respect de l’auto-organisation.

2. Tirer les leçons

a. Etre à l’initiative

Le manque de volonté des directions syndicales pour mobiliser a fait que les révolutionnaires ont eu de plus en plus de responsabilités à prendre dans la construction et le renforcement des mobilisations. Ainsi, nous avons su prendre des initiatives à la coordination de Villetaneuse ou sur la question de la guerre en Irak.
Nous ne devons compter que sur nos propres forces pour construire les mobilisations, même si une partie de ces forces doit être consacrée à entraîner d’autres jeunes et d’autres organisations.

b. S’adresser à tout le monde

Le mouvement étudiant en novembre décembre 2003, nous a permis de comprendre la nécessité de mot d’ordre repris largement, même si nous n’étions pas à la direction du mouvement au début. En avançant sur « retrait des LMD/ECTS », nous avons pu emmener avec nous une frange importante des étudiants. De même dans le mouvement anti-guerre, les mots d’ordre de « retrait des troupes d’Irak », « justice en Palestine » et « pas de participation française » permette au mouvement d’être à la fois large au moment des mobilisation et de s’inscrire dans la durée.
Nous avons compris ainsi que prendre des initiatives, être à la direction ne servait rien si on ne construisait pas le mouvement le plus large possible, qui seul peut permettre d’influer sur le rapport de force entre les classes.

c. Défendre nos idées révolutionnaires

Dans les mobilisations nous n’avons jamais caché nos idées révolutionnaires et la nécessité de renverser le système pour obtenir satisfaction. Au FSE 2003, nous avons été visible en intervenant dans les débats en vendant les journaux et en organisant un meeting des jeunes de la IV° internationale. La campagne des régionales et des européennes, nous a permis d’organiser la où c’était possible des meetings sur les facs réunissant dans une salle plusieurs centaines d’étudiants.
C’est ce que nous devons continuer à faire, en articulant mieux la construction des mobilisations et l’apparition propre.