Jeunesses Communistes Révolutionnaires

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Pourquoi fait-on du syndicalisme ? Et comment ?

Antoine, 28 juin 2006

mardi 12 juin 2007, par JCR-RED

I. Les raisons fondamentales liées à notre projet de société

Une question stratégique, liée à la question du front unique
Unifier la classe pour gagner contre les autres classes. Unifier en dehors des périodes de mobilisation.
Conscience de sa force. Capacités de réaction. Conscience de la nécessité d’être structurés, organisés (cf. capacités dans un mouvement, contre les autonomes).

Pour modifier le rapport de forces
Défendre ses droits :
C’est juste, permet de ne pas perdre trop, donne confiance en soi ?
Point d’appui pour être en capacités de lutter
Dans les grandes boites, dans les services publics : les droits syndicaux, la protection de tous les salariés, le temps de réflexion.

Des « embryons de démocratie prolétarienne au sein du capitalisme » (Trotsky)
La CO ne peut pas gagner de place dirigeante dans le système capitaliste, ses positions sont toujours instables.
Mais elle peut gagner des positions : des bases arrières (entreprises où elle est puissante, droits, expriences…). Les organisations ouvrières donnent une crédibilité au pouvoir prolétarien : unité, pas besoin des patrons pour réfléchir, faire fonctionner des choses…

II. Les raisons liées à la place des révolutionnaires
Les syndicats sont réformistes par nature
Contradiction entre unité de la classe et poser la question du pouvoir : cette question divise forcément, cf. clivage réforme/révolution. Donc contradiction entre unité (syndicat, soviet) et question du pouvoir. Anars, syndicalistes révolutionnaires ne résolvent pas le problème : pour eux, le syndicat est la forme du pouvoir des travailleurs. Mais ça ne résout pas le problème de la prise du pouvoir (cf. Espagne 36, concurrence). Et incompréhension de la nécessité de séparation entre syndicat et Etat ouvrier (cf. Lénine/Trotski militarisation des syndicats).

Contradictoire pour des révolutionnaires de militer dans une orga réformiste ?
Non, cf. I.
Syndicat = forme d’organisation première entre les mouvements, médiation entre l’avant-garde révolutionnaire et les larges masses (cf. schéma Mandel).

=> intérêt pour les révolutionnaires :
- Se lier au niveau de conscience des larges masses :
Préoccupations concrètes, possibilités, convictions politiques
- Première étape pour entraîner CO :
Dans les luttes, avant les luttes, tester argument, entraîner.
Dans la lutte quotidienne, structuration quotidienne de la CO.
+ problème de comment organiser largement en dehors des périodes révolutionnaires : ne pas laisser cela aux réformistes. Les révolutionnaires doivent être autant capables de structurer largement la classe que les réformistes.

I. + II. = vraies raisons de l’indépendance syndicale : pas respect morale, respect de rythme, d’objectifs (unifier / préciser projet stratégique).

III. La situation des syndicats et l’intervention des révolutionnaires

5 questions structurantes

1) Les syndicats et l’Etat, les syndicats et le réformisme. Intégration à l’Etat plus ou moins avancée mais inévitable pour tout syndicat un minimum représentatif (à moins d’être idéaliste abstrait).
2) Bureaucratie : pas un débat d’idée, problème de rapport au système, question sociale. => nécessité d’une séparation nette.
3) Différencier directions réformistes et bureaucratiques des militants. => Travail le plus sur le fond possible, donc le plus serein pour éviter question sentimentales et solidarités sans fond.
4) Un syndicat n’est pas un parti : syndicat = coalition d’individus, de structures locales… Pas de centralisme.
5) Syndicat correspond plus ou moins aux « travailleurs avancés ». => ne peut pas être passifs, doit jouer un rôle de direction vis-à-vis des larges masses. => orientation offensive (mais pas déconnectée des masses).

IV. Quelle orientation concrète ?

1) Activité de base : permanences (etc.), travail dans les institutions. (ne pas laisser ce travail, cet espace aux seuls réformistes).
2) Avant-garde : être un pas en avant
3) Discuter politique.