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Grève des travailleurs du pétrole irakiens

vendredi 6 juillet 2007, par RED

Le 6 juin, à 6 heures du matin la grève
des travailleurs du pétrole irakiens
dans le sud du pays, à Bassora a
commencé. La décision a été prise par la
FISP (Fédération Irakienne des Syndicats du
Pétrole) suite à la décision du gouvernement
de ne pas respecter ses engagements pris le
16 mai auprès des syndicats.

Une grève contre le pillage des ressources du pays

Après de longues négociations lors desquelles
la FISP a utilisé la menace de la
grève, le gouvernement irakien s’était engagé
sur 16 revendications de la Fédération,
notamment sur des augmentations salariales,
des améliorations des conditions de
travail et surtout, le premier ministre avait
accepté de geler le projet de loi concernant
la production et l’exploitation du pétrole
et d’entamer des négociations avec la FISP
sur le sujet. La loi ouvrirait la porte aux
multinationales et signifierait une partielle
privatisation des ressources pétrolières.
(1) Ce qui constituerait un pillage légalisé
des ressources des irakiens par le capital
international, un des buts de l’intervention
américaine de 2003. Cette loi a une importance
globale qui la rend cruciale pour les
desseins des occupants. Elle permettrait
la reprise des investissements et dans
quelques années l’augmentation significative
de la production. Cela détendrait la
pression exercée sur le prix du baril, à 71
dollars en ce moment. La baisse du prix du
pétrole réduira les marges de manoeuvre
de tous les pays exportateurs, comme par
hasard tous des adversaires des États-
Unis, notamment la Russie, le Venezuela,
l’Arabie Saoudite et l’Iran. Etant donné la
crise dans laquelle se trouve le projet de
« guerre sans limites » de Bush, la baisse
du prix du pétrole lui donnerait un nouveau
souffle pour se replier et repasser à
l’offensive.

Jusqu’à la victoire

D’où l’importance de la grève et la brutalité
avec laquelle le gouvernement s’y
oppose. Immédiatement, le gouvernement
a ordonné l’arrestation de quatre des dirigeants
de la FISP les accusant de « saboter
l’économie irakienne » alors que les
grévistes étaient entourés par l’armée irakienne.
La grève n’en était qu’à sa première
phase, la deuxième prévoyant le blocage
de l’oléoduc qui approvisionne Bagdad.
La grève est entrée dans cette deuxième
phase le 8 juin après que le président de la
FISP, Hassan Juma’a a déclaré qu’il s’agissait
d’un effort d’intimidation de la part du
gouvernement et que la fédération était
déterminée à lutter pour ses droits légitimes
en continuant la grève comme prévu.
Ce n’est pas la première fois qu’un tel
conflit éclate à Bassora. Mais cette fois
les enjeux sont très élevés. Si la grève
est victorieuse,
elle pourrait inspirer
d’autres travailleurs
à défier
l’occupant et ses
agents en posant
des revendications
du même ordre.
En plus, la victoire
des travailleurs
saperait définitivement
la légitimité
du gouvernement
fantoche, que ce
soit auprès de la
population ou de
l’occupant. Ce serait encore une étape
dans la déroute du projet de Bush et
encore une victoire pour la résistance irakienne,
ayant en plus le mérite de démontrer
clairement le rôle central que peuvent
jouer les travailleurs dans la libération de
leur pays.

Christakis, [Censier]


(1) Pour plus d’infos, voir le site (en anglais)
www.handsoffiraqioil.org

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