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PALESTINE

UNE CATASTROPHE ANnONCEE

lundi 31 décembre 2007, par Antoine

La situation dans les territoires occupés est plus que jamais dramatique. En effet, le gouvernement et l’état-major israéliens ont lancé une offensive sans précédent contre la population et l’Autorité Palestinienne. A l’heure où nous écrivons, ce sont les villes de Ramallah, Béthléem, Jénine, Qalqilya, Tulkarem, Salfiet et Naplouse qui sont réoccupés par l’armée israélienne. Et toutes les autres sont en passe de l’être. Ce qui n’était encore jamais arrivé depuis la fin de la première Intifada et la signature des accords d’Oslo. Depuis septembre 2000 et le début de la seconde Intifada, l’Etat d’Israël imposait un bouclage des territoires occupés, empêchant la population palestinienne de circuler au moyen de multiples points de contrôle, réduisant ainsi à néant toute vie économique et toute vie sociale. Plus de 60% des Palestiniens sont aujourd’hui au chômage et presque autant vivent sous le seuil de pauvreté. De plus, de manière régulière, l’armée israélienne procédait à des « incursions » dans les maigres zones palestiniennes dites autonomes, multipliant les exactions et les destructions de maison. A cela s’ajoutaient les assassinats ciblés de dirigeants palestiniens. Mais les Palestiniens n’ont pas cédé et c’est pour cette raison qu’au début du mois de mars, « Tsahal » (la seule armée du monde qui ait droit à un nom, sans doute pour la rendre plus humaine…) s’est invitée dans les camps de réfugiés, procédant à de multiples arrestations dans des conditions dégradantes et humiliantes (on retiendra ces numéros inscrits sur les avant-bras de ces prisonniers qu’on avait au préalable déshabillés et à qui on avait bandé les yeux) et massacrant des dizaines de Palestiniens, en très grande majorité des civils, et entraînant une série d’attentats-suicides, attentats qui ne sont que l’expression de la révolte et de la détresse d’un peuple écrasé et qui ne croit plus en rien, plus même en ses dirigeants. Mais qui ne cède pas. Israël espérait, en frappant les Palestiniens au sein même des camps de réfugiés, les mettre définitivement à genoux. L’Etat-major israélien n’est pas en effet sans ignorer que les camps de réfugiés représentaient dans l’imaginaire des Palestiniens des bastions imprenables, et leur prouver le contraire était dès lors un moyen d’annihiler toute velléité de résistance. Mais cela n’a pas suffi. Et depuis une semaine c’est une opération sans précédent qui frappe les Palestiniens, puisque l’armée israélienne est tout simplement en train de réoccuper l’ensemble des zones autonomes, détruisant et tuant tout sur son passage. On ne peut même pas savoir combien il y a de morts et de blessés car les Israéliens font tout pour qu’il n’y ait aucun témoin des atrocités qu’ils sont en train de commettre. Les journalistes et les médecins sont priés de faire demi-tour, quand on ne leur tire pas dessus, de même que les diplomates qui ont souhaité rendre visite à Yasser Arafat, assiégé à Ramallah avec quelques dizaines de pacifistes internationaux. Des dizaines de personnes sont en train de mourir, faute de soin, de nourriture ou d’eau. Les territoires occupés sont devenus une immense zone de non-droit. Cela ne signifie pas qu’auparavant les droits humains y étaient respectés. Mais un pas a été franchi. La situation est grave, dramatique car c’est tout un peuple qu’on est en train d’écraser. Et le silence coupable de la « communauté internationale », quand ce n’est pas un soutien inconditionnel comme le fait Bush, est tout aussi révoltant. Un peu partout dans le monde, les populations se manifestent, mais souvent elles subissent une répression féroce, à l’image de ce qui se passe en Egypte, et même en France où les attaques perpétrées par les commandos paramilitaires de l’extrême-droite sioniste se multiplient. Mais nous ne devons pas céder car seule la mobilisation des populations pourra changer la donne en rompant la tragique solitude du peuple palestinien. Pendant la guerre du Viet-Nam, le rapport de forces militaire était tout aussi défavorable au peuple vietnamien. Mais les populations se sont mobilisées au travers le monde et c’est ce vaste mouvement de solidarité internationale qui a obligé les Etats-Unis à arrêter leur guerre. Nous devons aujourd’hui construire un tel mouvement. Et il y a urgence, car rien ne nous permet aujourd’hui de douter que l’un des objectifs d’Israël est la réoccupation totale des territoires palestiniens, ainsi qu’une politique d’expulsion (pourquoi pas ? Il y a des précédents…) des populations. Dans nos facs, nos lycées, nos quartiers, nos villes… informons et construisons la mobilisation. Et plus que jamais, faisons-nous entendre : « Solidarité avec la lutte du peuple palestinien ! »

Amélie Al-Jeit, [Paris]


150 étudiants réunis en amphi pour la Palestine !

Le meeting du Collectif d’information contre les logiques de guerre a été un succès d’autant plus signifiant qu’aucune conférence de cette ampleur n’avait été organisée depuis longtemps àla fac. Les interventions des conférenciers ont suscité de nombreuses réactions positives et notamment celle de notre camarade Julien Sallingue qui a particulièrement retenu l’attention des participants. Le succès du meeting, malgré les exams àla fac, montre que la lutte des Palestiniens rencontre un véritable écho dans le milieu étudiant. Une vingtaine de personnes ont pris contact avec le collectif, ce qui augure bien, nous l’espérons, des actions de solidarité àvenir.

Julie et Colin, [Orléans]

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