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Contre l’impérialisme Français au Liban, pour la souveraineté du peuple Libanais !

vendredi 12 janvier 2007, par JCR-RED

Les intérêts impérialistes de l’État français ne sont pas nouveaux dans la région du monde arabe qui constitue aujourd’hui le Liban. Durant le 17ème siècle, les rois de France prirent comme appui stratégique la communauté chrétienne du Mont Liban dans la perspective des croisades (îlots chrétiens au sein de l’islam). Deux siècles plus tard Napoléon III envoie un contingent au Mont Liban, l’impérialisme français cherchant alors à ce constituer un point d’appui contre l’impérialisme anglais.

Sous la tutelle de l’impérialisme depuis un siècle

En 1916, en pleine période coloniale, l’État français obtient un large territoire, suite à des accords avec le Royaume Uni, qui comprend toute la Syrie ainsi que le Mont Liban. Dès lors il crée pour la communauté chrétienne du Mont Liban un État, élargi à la zone côtière et à la Bekaa qui sont majoritairement musulmanes. En 1945 l’État libanais devient indépendant, les Français conservent néanmoins une grande influence économique, diplomatique, militaire, culturelle.

Le rôle de la FINUL

Cependant l’impérialisme français est en perte de vitesse et n’a plus les moyens de rivaliser avec celui des Américains. Désormais, l’armée française n’intervient plus directement : à partir de 1978, elle le fait seulement dans le cadre de la FINUL. Après des années de repli au bénéfice des USA, dans le contexte de la reconstruction qui suit la guerre civile, l’État français réinvestit dans les années 1990 le devant de la scène, notamment à travers l’investissement de nombreux capitaux et la constitution de nombreuses sociétés mixtes franco-libanaises. Il s’y sent désormais suffisamment fort pour imposer à la Syrie de renoncer à la tutelle qu’elle exerçait sur le Liban.

Nouvelle stratégie de domination

La France entretient donc depuis un certain temps des rapports privilégiés avec une large partie de la bourgeoisie libanaise, mais seulement dans la communauté chrétienne. Face à l’impérialisme des pays occidentaux et de son voisin Israël, une résistance nationale populaire a vu le jour, au sein de laquelle le Hezbollah (parti de Dieu) est parvenu à acquérir une situation de leadership. L’État français ne peut donc être neutre dans un conflit qui oppose le mouvement de résistance nationale à Israël et à ses alliés occidentaux.
La résolution 1701, votée par le conseil de sécurité de l’ONU, à la suite de l’affrontement entre Israël et le Hezbollah élargit le champ d’action de la FINUL, dont le commandement est aux mains des pays de l’OTAN, et l’autorise à se déployer le long de la frontière Israélo-Syrienne. De plus, la FINUL se voit habilitée à contrôler les accès maritimes et aériens du pays. La résistance nationale libanaise se trouve ainsi traitée comme l’agresseur.

Troupes hors du Liban !

Avec de multiples ambiguïtés, la résolution 1701 protège ainsi les intérêts d’Israël, de Washington et de Paris au Liban. Nous devons donc rejeter l’envoi des troupes françaises au Liban sous cette résolution à caractère impérialiste, dénoncer la politique d’Israël, des USA et de la France envers le Liban et nous opposer à la stratégie onusienne qui renforce les forces de l’OTAN comme c’est le cas depuis 2001 en Afghanistan.

Yohann, [Chambéry]

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