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L’orientation à la sauce du gouvernement : bientà´t la sélection à l’entrée de l’université ?

vendredi 12 janvier 2007, par JCR-RED

Le gouvernement a annoncé qu’il avait l’intention d’instaurer la pré-inscription à l’université. « Pour mieux vous orienter », nous dit Goulard, ministre chargé de l’enseignement supérieur, mais qui peut sérieusement croire ça !

Une sélection masquée

Tous les futurs bacheliers devront indiquer, en Février de l’année de leur bac, le choix de leur université et de leur filière. Si jamais les autorités estiment que ce choix est trop mauvais et qu’il y a « danger d’échec », elles convoqueront l’élève pour un entretien... afin de le décourager. Si l’entretien est refusé par l’élève, l’université choisie pourra refuser son inscription.
Si le gouvernement voulait améliorer l’orientation, il ne supprimerait pas 50 % des postes aux concours de Conseillers d’orientation-Psychologues, comme il l’a fait depuis 2005. Et s’il voulait réellement lutter contre l’échec scolaire, il ne supprimerait pas chaque année tant de postes de profs et de personnels non-enseignants. Il est clair que nous avons affaire à une volonté de filtrer les futurs étudiants.

RAVEL, et la « sélectorisation »

Pour ceux qui en douteraient, il suffit de voir ce que donne RAVEL. C’est un système de pré-inscription qui existe déjà en Région Parisienne. Il est censé fonctionner selon une sectorisation différente d’une filière à l’autre : par exemple, si on a eu son bac à Cergy, et qu’on veut s’inscrire en Arts du Spectacle, on doit s’inscrire à Nanterre. On donne donc trois vœux... et si on a de la chance, c’est le premier qui est retenu. En réalité, tout est fait pour essayer de décourager les bacheliers des quartiers populaires de s’inscrire dans certaines filières et dans certaines universités, malgré la loi qui dit qu’un bac donne accès à l ‘inscription dans la fac et la filière de son choix.

Parfois, les universités refusent à l’oral de donner des dossiers d’inscription, sous prétexte que le bachelier est étranger ! Parfois elles écrivent des lettres illégales qui expliquent que la « capacité d’accueil » est atteinte. La pré-inscription rentre dans un système de sélection sociale et de préférence nationale à l’entrée de la fac.

Plus que jamais, nous devons affirmer : « Fac ouverte aux enfants d’ouvriers et d’immigrés, fac fermée aux intérêts privés ! ».

Fernand, [Nanterre]

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